23 mars 2014

Husbands (1970) John Cassavetes


Soleil, piscine, des pères, des potes, font la pose, biceps bandés pour la photo, on chahute, on boit des coups, les enfants, les femmes, l'amitié.
Le film commence avec ces clichés, ces souvenirs, ces moments légers où la vie passe comme une parenthèse, où les douleurs s'éloignent.

L'amitié est faite de ces instants.
Un jour l'un d'entre eux meurt.

L'image s'anime, Harry (Ben Gazzara), Archie (Peter Falk) et Gus (John Cassavetes) sont à l'enterrement. Ils passent la nuit ensemble à fêter le mort, à vouloir vivre avec intensité, à tenter de faire fuir la mort qui les rattrape, les angoisses qui l'accompagnent qu'on ne peut toujours définir. Rires, chansons, bières jusqu'à vomir, étreintes, reproches, répliques vachardes, baisers à des inconnues à qui on demande d'être vraies, de donner tout ce que l'on a le temps d'une chanson, de ne pas mentir.

Ce qui est beau, ce sont les portraits différents que Cassavetes a écrits, des amis, c'est le mystère d'une union faite d'éléments qui n'ont pas de raisons de se rencontrer, c'est à l'écran, et tout y figure, la beauté et la crasse qui colle, celle de nuits passées à boire...

L'on sent que la mort vient raviver la jeunesse perdue, partir à Londres, sur un coup de tête ou sur deux gifles, ne change rien à l'affaire.

Cassavetes signe une virée entre amis avec ce qu'elle comporte d'énergie, de désespoir, l'envie de mettre du sens dans ce qu'il y a de plus beau et de plus absurde au monde : la vie.

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