5 mars 2014

Odd Man Out / Huit heures de sursis (1947) Carol Reed


Belfast, Johnny McQueen (James Mason) prépare un braquage avec quelques hommes. Cela fait six mois qu'il s'est évadé de prison et durant ce temps il est resté caché dans une chambre. Le braquage se déroule mal, Johnny, lâché par ses collègues, blessé, erre dans Belfast, une chasse à l'homme commence.

On ne sait pas vraiment si Johnny est membre de l'IRA, il est fait mention de l'Organisation, criminelle ou politique avec des besoins d'argent, le film se déroule comme un polar mais avec une atmosphère à nulle autre pareille.
Johnny, évadé de prison et reclus dans sa chambre, subi la ville de plein fouet lorsqu'il sort pour diriger le braquage, ses perceptions (visuelles et auditives essentiellement) sont troublées par ce brusque changement. La ville s'impose à lui dans toute sa réalité et cela est extrêmement bien rendu. Blessé, moribond, nous serons témoin de ses pensées, ses hallucinations, ses démons, il ne cesse de demander s'il a tué l'homme sur lequel il a tir... Mason est admirable dans un rôle difficile.
Son errance se déroule dans un Belfast nocturne, un beau noir et blanc restitue de forts contrastes, murs de briques, routes pavées, neige continue, boue, c'est un véritable chemin de croix où ce personnage, connu de tous est convoité, soit à cause de la prime lancée pour sa capture, soit pour rendre service à l'organisation, soit pour sauver son âme ou même pour devenir le sujet tragique d'un tableau qui n'arrive pas à se faire. Les nombreux personnages qu'il va rencontrer, plus ou moins inconscient, sont d'un pittoresque redoutable (Robert Newton en tête).
L'histoire d'amour qui se greffe sur toutes ces péripéties se fond remarquablement dans l'ensemble. Chant funèbre d'un homme recherché pour son corps et son âme, Odd Man Out est un grand film.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire