11 mars 2014

The Wind That Shakes The Barley / Le vent se lève (2006) Ken Loach


Des paysans irlandais jouent à une sorte de hockey sur herbe, la vie comme elle va, un arbitre, quelques coups foireux, tous veulent gagner, tous passent du bon temps. En rentrant à la ferme une section de Black and Tans, troupes anglaises devant mater les envies d'indépendance des irlandais, les malmène, toute réunion publique est interdite. Un des irlandais donne son nom en irlandais, il est tabassé à mort.
Damien (Cillian Murphy) voulait travailler à Londres comme médecin, révolté il épouse la cause de l'IRA.

Au-delà de la cause des républicains irlandais c'est la manière dont des destins, des idéaux sont balayés par l'Histoire qui est en jeu. L'individu, chez Loach, est animé d'un désir de changement, d'une envie de préserver son indépendance, son intégrité mais des forces plus puissantes peuvent se dresser contre lui et, en dépit de l'énergie déployée, l'anéantir.
L'individu et le collectif, les scènes où chacun tente de donner son point de vue sur la direction à prendre, la démocratie en action, ces scènes sont belles parce qu'elles font surgir les frictions qui naissent entre des amis, des frères, lorsqu'un véritable choix s'offre à eux. La politique a ceci de particulier, elle rassemble et sépare et ce, sans tenir compte des autres liens qui unissent les hommes. Derrière ces idéaux, ces visions d'une société, Loach souligne une autre dimension, celle de l'argent, du pouvoir, des intérêts en jeu qui obéissent à d'autres règles. 
Le film est brutal, les séquences de lutte du début sont celles qui paraissent les plus simples, les plus lisibles, lorsque le traité de 1921 est signé et que l'Irlande se divise, la répétition de ces scènes provoque une sidération, un dégoût, une horreur, la guerre civile est, sans doute, la pire des violences, nous assistons, médusés, à ce que nous n'aimerions guère vivre.
C'est cette scission qui est au coeur du film, bien plus que l'agression anglaise, c'est cette manipulation politique qui sidère, qui installe la haine au coeur de l'ennemi, un poison puissant séparant les amis, les frères.

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