5 avr. 2014

Angst essen Seele auf / Tous les autres s'appellent Ali (1974) R. W. Fassbinder


"Le bonheur n'est pas toujours très gai."

Cette phrase ouvre le film et impose une lecture qui sera confirmée par la suite, deux personnages solitaires vont s'unir contre les préjugés de ceux qui les entourent, famille, amis, collègues...
Emmi (Brigitte Mira) approche de la soixantaine, elle se réfugie dans un café en rentrant de son travail pour s'abriter de la pluie. Ali (El Hedi ben Salem), un ouvrier marocain depuis peu en Allemagne, boit un verre. Le bar est un bar à filles, l'une d'entre elles provoque Ali et lui demande d'inviter la veille dame à danser. Ce sera le début d'une relation qui finira par un mariage.
Le racisme est au centre du film mais pas sous une forme totalement homogène, Fassbinder en évoque les multiples facettes, la répulsion pour la couleur de la peau, la peur de l'autre, la fascination non assumée pour le corps de l'autre... La jalousie, les petits calculs, la médiocrité ambiante, les intérêts vils et mesquins, presque tous les personnages en sont imprégnés exceptés certains comme le fils du propriétaire de l'immeuble ou les policiers que le spectateurs, avec ses préjugés, avaient pressenti comme étant de potentiels nuisibles.
Emmi et Ali sont eux-mêmes victimes de leur propre vison du monde, étriquée, ancrée en eux. La recherche du bonheur souffre de ces écueils et nombre de personnages ne trouvent le réconfort qu'un instant, lorsqu'ils sont entourés par des bras affectueux, immobiles.
Emmi et Ali font l'effort de dépasser les aléas de la vie, les épreuves, ils s'aiment et essayent encore.
Un film simple, beau comme le contact délicat de deux épidermes.


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