6 avr. 2014

Seconds / Opération diabolique (1966) John Frankenheimer


Comme dans les meilleures nouvelles, le spectateur est happé par le récit et il faut attendre les dernières instants pour réellement prendre l'ampleur du monde dans lequel nous errions.

Arthur Hamilton (John Randolph) est vice-président de sa banque, on ne peut pas dire qu'il soit heureux, il ne touche plus sa femme depuis des lustres et sa vie n'a pas la saveur qu'il aurait voulait obtenir. 
Un générique (Saul Bass) nous montre Hamilton en gros plan, visage déformé (les plans prendront sens sur la forme et sur le fond) alors qu'il quitte son bureau. Un homme le suit et ce jusqu'à son train, celui qui le ramènera dans sa banlieue silencieuse. Il lui donne une adresse où se rendre et disparaît. Hamilton reçoit ensuite un appel d'un ancien de ses amis, mort depuis un moment, ce dernier lui conseille fortement de se rendre à cette adresse. Hamilton est près de perdre la raison mais l'homme au téléphone lui prouve, par des détails connus d'eux seuls, qu'il est bien cet ami en question.
Hamilton finit par se rendre à l'adresse en question.
Il entre alors dans une spirale infernale sans qu'il puisse en maîtriser le cours.

Semblable aux meilleurs épisodes de The Twilight Zone, le film captive d'abord par son récit, cette façon de tenir son spectateur en haleine avec un univers proche du fantastique.
Un  noir et blanc dense, fort en contraste, James Wong Howe est à l'image, et un score inquiétant signé Jerry Goldsmith ajoutent à la tension.
Le piège est fatal, Rock Hudson (je ne dévoilerai pas son rôle dans le récit) est impressionnant, il nous fait ressentir toute l'impuissance et la détresse de son personnage.
A la fin du film, vous vous dites qu'il faut être heureux, tant que nous avons le choix, heureux pour ne pas qu'un ami veuille vous offrir une vie meilleure.



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