6 avr. 2014

The Fearless Vampires Killers / Le bal des vampires (1967) Roman Polanski


Tout passionné sait exactement où sa passion a débuté, quel fut le moment précis où elle a surgi, en ce qui me concerne c'est une diffusion à la télévision de ce film, que j'avais pris soin d'enregistrer puisque nous étions pourvus d'un magnétoscope.
J'ai vu ce film en vf ensuite à de nombreuses reprises, je ne m'en lassais pas. C'est le premier film qui a exercé sur moi une fascination, comme un envoûtement. Le premier qui m'a fait mettre un nom avec le titre, Roman Polanski, avant ce n'était que suite d'images sans qu'elles fassent sens au-delà de leur consommation immédiate.
le hasard a fait qu'au cours d'une sortie scolaire je trouve dans une boutique le livre de Boutang, celui à la couverture verte paru aux éditions du Chêne, cristallisation d'un amour jamais démenti depuis. Le livre m'a porté vers d'autres titres et d'autres réalisateurs, c'était parti...

Les décors m'ont de suite ravi, je voulais reproduire à l'identique le chalet auberge de Shagal (Alfie Bass), me réveiller avec le chant du coq au petit matin, enfoui sous l'épais duvet puis contemplait un instant le givre aux fenêtres ou encore parcourir les longs couloirs du château de von Krolock (Iain Quarrier), m'arrêter dans la bibliothèque et lire au coin du feu. Ces lieux clos, entourés de neige, loin de toute habitation, me fascinaient, la beauté des décors, le soin apporté aux détails m'a toujours laissé admiratif, aujourd'hui encore, après avoir vu le film tant de fois.
Komeda a écrit une musique sublime que j'ai très vite obtenu, un disque en Pologne, ramené par des amis. La musique ajoute à l'atmosphère un sortilège léger, la voix aérienne de Sarah (Sharon Tate) se diffusant sans que l'on sache d'où elle provienne...

Le rythme lent du film, la manière dont Polanski ne plaque pas de la musqieu constamment mais laisse les bruits prendre leur place, vent qui souffle, couvercles de cercueils qui chutent, respirations.

Et le récit ? Cette grosse farce autour du mythe du vampire avait tout pour séduire l'enfant que j'étais, grotesque et en même temps raffiné, le récit prend son temps et m'a, je le crois, appris à attendre entre les grandes scènes. Il y a toujours chez Polanski, le sentiment de la durée, du temps qui passe lentement. 
Et puis Jack MacGowran, alias le Professeur Abronsius, est un rôle extraordinaire, je ne peux voir l'acteur sans penser à ce rôle, son nez rouge, son langage soutenu, ses multiples gestes inscrits profondéments en ma mémoire, sa façon de se gratter le dos colonne du lit, sa maladresse. Polanski est parfait, sa candeur, ses coeurs à la fenêtre... La beauté de Sharon Tate, la neige et tout le reste, tout.

Ce n'est pas un film que je veux analyser, c'est un film où je me réfugie de temps à autre, un film où je me sens chez moi, duquel je conserve une empreinte qui ne s'en va pas et qui se creuse, petit à petit, un film que j'aime, qui m'est indispensable.


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