26 août 2014

The Gaucho (1927) F. Richard Jones


L'Egyptian Theater jouait en ce dimanche 24 août le dernier film d'une série initiée par l'Art Directors Guild Film Society, The Gaucho !
Film muet de 1927, initié par Douglas Fairbanks qui irradie littéralement l'écran. Fairbanks interprète un hors-la-loi au grand coeur qui captive son auditoire avec ferveur. C'est un rustre, viril, violent, macho, qui semble vivre selon ses principes et ses envies. Ce héros de la pampa dégage un charisme indéniable, la démarche féline de Fairbanks, son dynamisme, ses cascades emportent l'adhésion du spectateur. Le film honore le pacte passé avec le spectateur en ce qui concerne le volet "aventures", les décors exotiques, même si le film est tourné en partie à Santa Monica, mettent le sceau final au plaisir procuré par le récit, nous avons, plaisir supplémentaire, des trucages à la Schüfftan, plaisir tout puéril mais plaisir précieux,je pense à la descente des hommes de Gaucho et au figurines mécaniques près de la montagne à l'arrière plan.
De l'aventure donc, de l'érotisme aussi, voyez la peau tannée de Fairbanks, son sourire carnassier face à la belle Lupe Velez, leur danse, leurs étreintes, leurs séances de griffes... Beau duo, des plus sulfureux, l'on oublie totalement que nous regardons un film muet, remercions Cliff Retallick qui fait des merveilles au piano.
Et l'humour, quelques coups de pieds donnés dans le postérieur des méchants entretiennent le lien avec le slapstick, la malice de Fairbanks, les raclées que donne Lupe Velez aux hommes stupides qui l'entourent...
Seul le discours religieux est indigeste, souligné à l'excès il nous éloigne du rire, de la sensualité...
Le film est brillant et déceloppe de nombreuses séquences brillantes, le jeu de Fairbanks en est une autre, ajoutée à celles évoquées ci-dessus.
Alors que le film commençait à quitter le circuit des grandes villes pour rejoindre les réseaux plus provinciaux, un autre film suscitait l'enthousiasme des spectateurs empêchant celui-ci d'atteindre les profits attendus, un certain Chanteur de Jazz...

Patricia Ward Kelly, la veuve de Gene Kelly, était présente pour signifier la passion de son époux pour Fairbanks, des extraits furent diffusés afin d'illustrer ses propos, des scènes de The Pirate notamment, véritables citations de The Gaucho.
John Tibbetts, auteur d'une biographie de Fairbanks est venu souligner le style de Fairbanks, son sens du déplacement, de la gestuelle, que nous pouvons admirer puisque les grands muets laissent la place aux acteurs avec le plan séquence qui ne permet pas la tricherie, le jeu est là, uncut, nous n'avons plus qu'à admirer et à applaudir, ce qui a été fait.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire