29 août 2014

Umberto D. (1952) Vittorio De Sica


De Sica poursuit ses portraits héroïques, figures populaires qu'il exhibe sur son blason. Ces personnages sont d'une humilité sans bornes, leur dignité traverse les épreuves et reste inscrite en eux.
La misère au quotidien se donne à voir par de longues séquences muettes, seuls les bruits de la rue accompagnent Umberto. Sa quête pathétique le place au centre de l'écran mais il n'est pas seul, un autre personnage tente de vivre, la servante enceinte, Maria, le lien qui se tisse entre eux a la beauté du hasard, de la fragilité et de la force réunies. 
Le monde est un univers hostile dans lequel Umberto se débat, il récolte l'indifférence, l'agressivité et sa solitude s'accroît d'autant plus que ces coups se renouvellent.
Mais il y a son chien, il y a ceux qui cherchent à vivre absolument, comme la scène du café dans laquelle un client conseille de ne pas tenir compte des propos de l'enragée ou encore le faux malade de l'hôpital. Ils retardent l'irréparable, ce sera ensuite l'amour qu'il éprouve pour son chien.
Ne nous méprenons pas, la fin du film, en dépit de son aspect positif, illustre un échec, celui de la communauté qui produit l'exclusion.
Umberto D. peut déplaire par son côté démonstratif mais son style épuré, la volonté de coller au réel en laissant le temps aux personnages d'exister dans leur quotidienneté emportent l'adhésion.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire