27 sept. 2014

Hôtel Terminus (1988) Marcel Ophüls


Quatre heures et demi d'une enquête magistrale, Marcel Ophüls ne se contente pas de faire le portrait de Klaus Barbie, il dresse également le portrait de toute une époque, et pas seulement le Seconde Guerre mondiale.
L'enfance de celui qui deviendra un barbare nous est contée en passant par ses responsabilités à la Gestapo de Lyon jusqu'à son retour à Lyon. Ophüls s'attarde longuement sur l'épisode Jean Moulin et les conflits internes de la Résistance mais ne s'arrête pas là. La manière dont les américains ont exfiltré Barbie avec l'aide de l'Eglise, la lutte contre le communisme aidant, l'aide active apportée par Barbie aux paramilitaires boliviens puis son arrestation et son procès, tout est détaillé avec acuité.
Ophüls est un homme attachant, ses questions, son air faussement naïf, sa façon d'emmener ses interlocuteurs là où ils ne veulent pas aller.
Un portrait humain et monstrueux d'un homme plongé dans l'histoire et la bassesse, où l'on voit que le mal développe ses tentacules une à une ; sadisme, cruauté, escroquerie, jusqu'au bout...

22 sept. 2014

L'heure d'été (2008) Olivier Assayas


"Il y a trop de choses qui vont disparaître avec moi, les souvenirs, les secrets, des histoires qui n'intéressent plus personne mais il y a le résidu, les objets, je voudrais que ça ne pèse pas..."

Lorsque la mère meurt, les objets qu'elle chérissait, et qui n'avaient d'importance pour personne ou si peu, prennent une densité hors du commun, sentimentale pour les uns, financière pour les autres. Assayas filme ce parcours étrange, fait de convoitises, de regrets, de dévotions, celui des biens chéris et il nous parle de l'amour, de la transmission, de l'incompréhension entre les générations, le tout par des touches subtiles et légères.

19 sept. 2014

Weekend with the Babysitter (1970) Don Henderson


Gros nanar naïf qui, sous couvert de plongée interlope dans l'univers des hippies - il faut déjà en avoir envie - délivre une solide ode au mariage. Une intrigue qui réunit un petit caïd (James Almanzar, parfois drôle, invonlontairement) terreur d'une poignée de drogués, une bande de hippies au grand coeur, et un couple qui bat de l'aile et qui s'encanaille pour mieux se retrouver. Quelques parties corporelles dénudées et le tour est joué. 
Film fade, musique irritante, dialogues récités avec peine, c'est filmé avec les pieds, dommage que le réalisateur ne soit pas sorti davantage en extérieur.

18 sept. 2014

Slaughterhouse-Five / Abattoir 5 (1972) George Roy Hill


Fantaisie en mode science-fiction qui nous promène au coeur de la Seconde Guerre mondiale, cette oeuvre était attendue, je me faisais une joie de la découvrir or...
Aucun moyen d'éprouver une quelconque satisfaction, les errances traumatiques du personnage ne m'émeuvent guère et les transitions entre les différentes scènes m'ont parues presque grotesques. Comme le personnage principal, je reste hébété et voit les images défiler sans en retenir une seule qui puisse me marquer, frapper ma conscience tant et si bien que je me demande si je n'ai pas perdu toute sensibilité.

11 sept. 2014

American Hustle (2013) David O. Russell


Distribution impeccable, scénario ciselé, interprétation correcte mais un sentiment persistant domine, celui d'avoir déjà vu ces rebondissements plusieurs fois, en bien plus nerveux chez Scorsese par exemple.
Dommage car l'intention est bonne mais je reste à la surface des choses sans émotion supplémentaire.
C'est malin et après ?

10 sept. 2014

L'inconnu du lac (2013) Alain Guiraudie


Huis-clos en extérieur, quelques plans qui s'inscrivent autour d'un lac et du bois qui l'entoure, L'inconnu du lac est un polar bien singulier qui prend ses marques dans le milieu homosexuel. Guiraudie n'a pas froid aux yeux et ne nous cache rien des ébats fugitifs de ses personnages,
La recherche du plaisir est présente mais l'amour véritable, l'attachement est la vraie quête menée par les protagonistes et Guiraudie aura à coeur de préserver celle-ci dans chacun de ses personnages.
La nature symbolise la pureté de cette recherche quand bien même le sang vient à couler. La fin préserve cette ligne de tension, le lien qui unit les êtres.
Les prénoms scandés dans la nuit n'ont jamais paru aussi chargés de trouble, l'amour et la peur dansent alors une valse dont nous ne connaîtront pas l'issue mais qu'importe, elle est si belle.

9 sept. 2014

Being There / Bienvenue Mister Chance (1979) Hal Ashby


Comment un simple jardinier analphabète, Chance (Peter Sellers) met l'Amérique en transe, devenant le conseiller de la plus grande fortune du pays tout en conseillant le Président.

Ashby a le don de faire progresser son récit par petites touches, variant les registres et nous amenant de la chronique légèrement dramatique au burlesque le plus subtil qui soit.
Peter Sellers n'est pas étranger à l'affaire aidé par Shirley MacLaine dans une forme impériale, la scène de masturbation est grandiose.

Un intérêt particulier est porté sur les dialogues et les situations, quiproquos en pagaille et autres délires interprétatifs. Chance parle avec une simplicité redoutable et ses interlocuteurs comprennent ce discours en y projetants tous leurs désirs, c'est un peu l'effet Koulechov verbal.

Le sourire vient rapidement aux lèvres pour ne plus les quitter, effacé de temps en temps par un rire irrepréssible.