29 déc. 2015

Blue Chips (1994) William Friedkin


Nick Nolte interprète Pete Bell, un entraineur universitaire de basket . Il termine une saison catastrophique mais ses joueurs ont donné ce qu'ils pouvaient. Pour entamer une nouvelle saison il a la possibilité d'engager de bons joueurs mais avec des dessous de table seulement le respect des règles constitue, pour lui, une vertu cardinale.

Bon film de basket, efficace et avec de bons acteurs. Première apparition de Shaquille O'Neal à l'écran, impressionnant.

23 déc. 2015

The Babadook / Mister Babadook (2014) Jennifer Kent


Une mère vit seule avec son fils, le père est mort alors qu'il l'emmenait à la maternité.
Samuel est un enfant un peu excentrique, aimant la magie, le macabre et les objets un peu dangereux qu'il fabrique pour défendre sa mère contre les monstres issus des contes de fées.

Un livre étrange, Mister Babadook, parle d'un monstre qui va venir s'immiscer dans leur existence.

Beau film sur la relation mère/fils, les familles monoparentales et la difficulté pour une femme seule de tout mener de front. Le récit prend le temps d'installer une ambiance inquiétante, c'est la plus belle partie. Lorsque les éléments se déchainent, ce sont des pistes assez connues qui conduisent le spectateur vers des zones où l'ennui pointe.

22 déc. 2015

Side Effects (2013) Steven Soderbergh


Thriller psychologique sur fond de prescription médicale psychiatrique. 
Elégant, propre, malin. 

Un peu trop propre.

20 déc. 2015

Super Size Me (2004) Morgan Spurlock


30 jours d'un régime effectué uniquement de repas pris chez McDonald. Expérience qui démontre qu'un régime hypocalorique peut poser des problèmes de santé. Ce que nous savions déjà. La partie la plus intéressante est celle sur les restaurants dans les écoles ou comment des groupes délivrent de la nourriture infâme avec l'accord d'administrations laxistes.

Milius (2013) Joey Figueroa, Zak Knutson


Documentaire retraçant le parcours de John Milius, scénariste, réalisateur des plus talentueux et personnage haut en couleurs, bigger than life. 
Ses pairs ne tarissent pas d'éloge, Lucas, Spielberg, Coppola, Scorsese délivrent nombre d'anecdotes qui témoignent de son talent d'écriture et de son charisme. 

14 déc. 2015

On the Waterfront / Sur les quais (1954) Elia Kazan


Un homme (Marlon Brando), membre d'un gang mafieux qui contrôle le travail sur les docks new-yorkais, est en proie au doute lorsque la soeur (Eve Marie Saint) de l'homme qu'il a contribué à tuer vient lui demander de l'aider à retrouver les meurtriers.

Excellente distribution et interprétation, bel usage des extérieurs et plaidoyer efficace en faveur de la force des convictions. 

11 déc. 2015

Bridge of Spies (2015) Steven Spielberg


Un avocat spécialisé dans les assurances, James Donovan (Tom Hanks), doit défendre un espion russe. La CIA lui ordonne de faire le minimum, ce qui ne colle pas avec ses convictions personnelles.

Bien interprété, bien réalisé, rien ne dépasse.

9 déc. 2015

Southpaw (2015) Antoine Fuqua


Pas convaincu par ce film sur la boxe en dépit de l'investissement de Gyllenhaal. Comme si j'avais vu ce film dix fois... L'entraîneur, l'ami, la fille, rien n'y a fait.

Fury (2014) David Ayer


Fin de la Seconde Guerre mondiale, Don Collier (Brad Pitt) commande un tank Sherman et a pour mission de sécuriser les trajets pour les troupes en route pour Berlin. Ce sont les derniers instants de la guerre et les derniers soldats allemands, parfois des enfants, ne se rendent pas si facilement.

Excellent film de guerre, la boue, la peur, la saleté sont au rendez-vous. J'aime précisément le traitement de la guerre, rien d'idéal, rien d'épique si ce n'est la confrontation finale, un peu too much à mon goût. 

5 déc. 2015

Lunes de fiel (1992) Roman Polanski


Beau film sur la passion, sur ce que signifie avoir un seul être pour seul horizon. Sur la passion et l'essoufflement de cette passion, sur l'amour, la haine, la dépendance. Sur la folie qui peut survenir lors d'une liaison exclusive. Les plaisirs puis la souffrance.


4 déc. 2015

Electric Boogaloo : The Wild, Untold Story of Cannon Films (2014) Mark Hartley


Les films de la Cannon, ce sont les irruptions dans les video club, savoir que l'on va choisir cinq ou six films et passer la soirée et une bonne partie de la nuit à les regarder. Il y eut alors une époque, très lointaine pour moi, où tout se mélangeait. Dans ce vaste mélange figuraient les films de la Cannon, les Chuck Norris au Vietnam ou ailleurs, les Ninja et autres farces pour passer le temps.
Il ne reste pas grand chose de ces films si ce n'est un sourire devant leur réalisation faite de bric et de broc. D'autres survivent un peu mieux comme Runaway Train.
Ce documentaire raconte la folle histoire de deux israéliens passionnés de cinéma se lançant dans la production avec la frénésie d'un enfant pouvant tout avaler dans une confiserie. Peu de plaisir, de saveur, une grande bouffe boulimique jusqu'à l'indigestion finale.
L'épopée de la Cannon, ce sont des couleurs, des explosions, des rires et au final, une tendresse devant la bêtise de l'ensemble, marqueur d'une époque révolue.

23 nov. 2015

Rampage (1987) William Friedkin


Le film relate les meurtres commis par Richard Trenton Chase en janvier 1978. Le procès qui suit souligne la difficulté de juger le meurtrier. Est-il sain d'esprit ou pas ? La peine, selon la décision rendue, n'est pas la même : un internement hospitalier ou la peine de mort.
Le film n'a pas été exploité normalement car le producteur a fait faillite. Cinq plus tard, il peut être distribué de nouveau, Friedkin en profite pour faire un montage différent. Ceux qui ont vu les deux versions témoignent d'une inflexion pour ou contre la peine de mort, selon le montage.

Pour celle que j'ai vue, l'assassin est clairement désigné comme malade, même si la défense prend certaines libertés pour le dire.
Film dossier qui pourrait illustrer un débat sur le sujet, Rampage a cet aspect froid et clinique des démonstrations qui au final laissent le spectateur seul avec sa conscience. 


21 nov. 2015

Starry Eyes (2014) Kevin Kolsch, Dennis Widmyer


Satanisme chez les producteurs hollywoodiens. Comme des milliers de jeunes femmes, Sarah (Alexandra Essoe) fait des petits boulots tout en passant des auditions... Los Angeles. Un rôle se présente mais au prix de quelques sacrifices.
Ennui tranquille diffusé tout au long du récit, seules les scènes violentes viennent briser la monotonie du script.

15 nov. 2015

Beyond the Reach (2014) Jean-Baptiste Léonetti


Duel en plein coeur du désert de Mojave entre un puissant homme d'affaires, (Michael Douglas), ultra-équipé, suffisant, méprisant qui vient tester son fusil perfectionné et un jeune guide local (Jeremy Irvine). La sortie virera au cauchemar et la confrontation entre les deux personnages sera palpitante. Les cadres sont soignés et rendent hommage à la beauté des paysages. Ce qui fait regretter de ne pas avoir vu le film dans les salles. 
Le final, non souhaité par le réalisateur, déçoit mais n'atténue pas la saveur de cet excellent film de genre.

12 nov. 2015

Saul fia / Le Fils de Saul (2015) Laszlo Nemes


Vouloir traiter de la Shoah par le prisme de la fiction est un défi difficilement tenable. Alors vouloir représenter la quête mystique d'un homme, prisonnier à Auschwitz, membre des Soderkommando de surcroît relève de l'hérésie.

Le film commence par des images floues, l'on devine des corps, nous savons, pour ceux qui se sont documentés ce qu'il en est. Puis un visage, net, en gros plan. C'est Saul (Géza Röhrig), un juif hongrois. ce visage ne quittera pas le plan. Tout ce qui se déroulera autour sera suggéré, par un flou en arrière-plan et par le son hors-champ. Cette tête baissée, craignant de croiser le regard d'un allemand, sera le seul point de repère pour le spectateur. Ce visage reflètera la tension, l'horreur.

La quête est ailleurs, enterrer dignement un fils, qu'il soit fils ou qu'il permette à Saul de le croire, est ce qui peut lui permettre de croire en autre chose, de quitter l'enfer.

Film qui engage le spectateur, intense, admirable par son travail formel.

11 nov. 2015

Amy (2015) Asif Kapadia


Kapadia a pu avoir un accès aux films et autres documents appartenant à la famille Winehouse eu égard au succès remporté par le documentaire consacré à Ayrton Senna. Il semblerait qu'il ne soit pas satisfait du résultat et nous comprenons pourquoi. 

Le comportement addictif et compulsif de la jeune chanteuse n'est pas caché mais sa fragilité n'est jamais prise en compte par son entourage le plus proche. Une voix exceptionnelle, un talent certain, tout cela est détruit à cause de choix stupides, d'absence de compassion, de cupidité, d'égoïsme.

Une histoire triste déjà contée ailleurs.

10 nov. 2015

Saul Bass : Anatomy of Film Design.


UCLA Film & Television Archive programme une soirée entièrement consacrée à Saul Bass à l'occasion de la parution d'un livre écrit par son directeur, Jan-Christopher Horak. Conférence où quelques films sont diffusés.


Mennen Baby Magic / 1962

Le premier est un spot publicitaire visible sur le net très facilement. Pour les amateurs de Saul Bass l'on perçoit de suite un art du montage et surtout de la segmentation du corps humain. J'entends par là cette manière de ne montrer qu'une partie du corps dans le champ, ce qui se retrouvera dans de nombreux génériques. D'une certaine constance formaliste.


The Searching Eye / 1964


Ce court de 18 minutes est réalisé pour le pavillon Kodak dans le cadre de la Foire Internationale de New York en 1964. Il met en scène un enfant qui découvre les beautés du monde, beautés étant captées par l'oeil de la caméra. C'est à la fois une ode à la nature et un éloge de la puissance technique de la caméra. Cette dernière restant au service du premier. Ainsi la fleur, de la naissance à l'éclosion, motif qui sera réinvesti avec brio dans le générique du Temps de l'innocence de Scorsese.
Une visée pédagogique nimbe le récit, volonté qui ne cessera d'accompagner le travail de Saul Bass. Ecologie, technique, humanisme. Tout est déjà présent, prêt à se développer de la plus belle des manières.


Why Man Creates / 1968


Comme son titre l'indique ce court traite du processus de création. Sujet éminemment didactique et envisagé comme tel. Des chapitres en détaillent les différentes étapes mais l'ensemble est vu culturellement, historiquement, politiquement. Les propos sont synthétiques, drôles et la forme décline une variation de traitement qui force l'admiration. 


The Solar Film / 1980



Film dédié à l'énergie solaire, produit par Robert Redford. Un jeu subtil de variations autour de la sphère sert de fil conducteur au propos. Savoir, humour et beauté sont les forces qui sont mises au service du discours écologique. 

Quest / 1984


Scénario de Bradbury. 
La naissance d'un enfant. Un groupe d'individus vivant dans les ténèbres cherchant l'élu, celui qui réussira à les sauver. L'enfant doit apprendre beaucoup avant de partir accomplir la mission seulement il vieillit très vite et ne revient pas. Une nouvelle naissance et cette fois l'espérance renaît.

L'univers décrit dans ce court-métrage de fiction est grandiose, fait d'étapes différentes, tel un jeu d'arcade où le héros doit s'affranchir de nombreuses épreuves. Bass parvient à distiller une réelle angoisse grâce à sa maîtrise graphique et lorsque le final arrive nous ressentons avec émotion la délivrance. Le message est bien reçu, Bass veut que nous ouvrions les yeux sur la beauté qui nous environne, elle est là, accessible, à nous de la percevoir et de la préserver.




1 nov. 2015

Daïnah la métisse (1932) Jean Grémillon


Ce sont les restes d'un film mutilé, de 90 minutes ne subsistent qu'une soixantaine, mais quels beaux restes ! De ceux qui vous font regretter de ne pas avoir l'ensemble.

Le film se passe sur un paquebot, un couple se démarque du reste des passagers, comme le titre l'indique Daïnah (Laurence Flavius) est une métisse, son mari (Habib Benglia) est un illusionniste noir. Tous deux sont cultivés, utilisent une langue d'un niveau soutenu. Entre eux règne une relation étrange, très moderne. Daïnah veut sa liberté et fuit régulièrement la cabine pour se laisser séduire ou séduire tout en restant liée à son époux. Nous ne savons pas vraiment ce qui les unit... 
Lors d'un bal le mari fait son numéro et la belle Daïnah danse en captivant les invités présents. Moment étrange où les invités portent des masques ressemblant à ceux de James Ensor excepté Daïnah, voir la capture d'écran. Cette dernière dansera seule jusqu'à la transe avant de briser une coupe de champagne pour finir par quitter les lieux. Ivresse de la séduction, prisonnière de son mari, de sa classe bourgeoise, l'on ne peut réellement le conclure. 
Toutefois une relation étrange, entre attirance et rejet, se noue entre elle et un machiniste (Charles Vanel), un trio tragique prend alors naissance entre le couple et cet homme...

Film aux séquences hypnotiques, la masochisme qui règne dans ce film est d'une modernité sidérante. 

27 oct. 2015

La petite Lise (1930) Jean Grémillon


Premier film parlant de Jean Grémillon, La petite Lise s'ouvre sur une séquence étonnante, très proche du documentaire, se situant dans un bagne à Cayenne.
Charles Spaak a écrit ce scénario, assez proche de l'argument des Misérables, qui montre la fatalité d'un destin, celui de Victor Berthier (joué avec brio par l'imposant Pierre Alcover). 
Par son sujet et son traitement, le film peut sans peine rejoindre les grandes oeuvres emblématiques du réalisme poétique avec un petit supplément qualitatif, celui que Grémillon apporte au son. Le rythme du film est lent, voire très lent par moment et Grémillon n'hésite pas à amplifier certains sons ou à ne pas en utiliser du tout. 1930 est l'année du parlant en France, Grémillon tient à user du son avec discernement et parcimonie. 
On pourra regretter le cliché de l'usurier juif tout en notant qu'une scène se déroule dans un cabaret de jazz, scène d'une totale fraicheur loin de l'exotisme colonial de l'époque.

25 oct. 2015

The Walk (2015) Robert Zemeckis


Zemeckis choisit un parti pris narratif un peu fantasque pour nous raconter cette histoire mais si vous avez vu le documentaire de James Marsh, Man on Wire, vous savez qu'il colle à la personnalité de Philippe Petit.
Vu en 3D, le film ne déçoit pas, l'altitude, les vues époustouflantes ont de l'allure et Zemeckis sait ménager ses effets. L'hommage spécial rendu aux tours est émouvant et seule la séquence de l'oiseau paraît maladroite, je pense davantage au rendu réaliste de l'animal. J'avais ressenti la même gêne devant la baleine de Cast Away.


17 oct. 2015

The Paperboy (2012) Lee Daniels


Déception car nous sommes très loin de la tension que Dexter avait développée dans son roman. L'impression qu'il manque des morceaux, que les personnages n'existent qu'à peine. Du coup je ne crois à rien et ne ressent rien, juste des images en mouvement sans qu'elles fassent sens.

15 oct. 2015

Room 237 (2012) Rodney Ascher


Revue de quelques interprétations du chef d'oeuvre de Kubrick : Shining.
Des plus plausibles, la lecture indienne aux plus farfelues, je vous laisse juge. On suit l'ensemble
 avec un intérêt variable. Au final Shining résiste et ne se laisse pas dompter.

14 oct. 2015

Spoorloos / L'homme qui voulait savoir (1988) George Sluizer


Un couple de hollandais part en vacances et s'arrête dans une station-service. La jeune femme disparaît, le mari devient obsédé par cette disparition. Devant son insistance à retrouver son épouse, le psychopathe en question entre en relation avec le mari.
Si ce film intrigue, tient en haleine, c'est surtout par la prestation de Bernard-Pierre Donnadieu. A chaque instant où il apparaît à l'écran, sa présence trouble le spectateur. Les gestes qu'il prête à son personnage et surtout sa diction distillent une étrangeté qui met mal à l'aise. J'ai presque envie de revoir le film en me focalisant sur sa performance.

Hausu / House (1977) Nobuhiko Ôbayashi


Une jeune fille veut rendre visite à sa tante, accompagnée de ses amies. C'est l'été et cette visite s'annonce merveilleuse.
Film surprenant, surtout lorsqu'on le visionne alors qu'on ne savait rien de lui.
Dessin animé, expérimentations video, film d'horreur, de kung-fu... Tout y passe, les scènes poétiques, grotesques, comiques, que sais-je encore... Un flux d'images insensées se déverse devant nos yeux ébahis, séduits, amusés. Et l'on s'étonne d'assister à cette oeuvre folle qui semble n'avoir aucune limite, aucune contrainte.

Fargo (1996) Joel and Ethan Coen


J'ai toujours l'impression d'assister à une expérience de laboratoire avec ce film comme si les frères Coen s'étaient penchés sur quelques personnages pour voir comment ils réagiraient.
Prenons Jerry Lundegaard (William H. Macy), médiocre responsable des ventes qui voudrait tellement devenir un homme. Seulement il vit dans l'ombre de son beau-père. Il envisage alors de faire enlever sa femme par deux truands afin d'obtenir une rançon. Attendons et observons.
Cette décision enclenche de nombreuses péripéties et l'on rencontre alors une flopée d'individus très primaires. 
La palme au duo de tueurs : Carl Showalter (Steve Buscemi) et Gaear Grimsrud (Peter Stormare). Ils forment une paire totalement incompatible, l'un ne peut s'empêcher de parler, l'autre est un muet par conviction. La prostituée du Carlton (Michelle Hutchison) fait de ses grimaces lorsque Carl fait son blabla... D'autres sont à la limite de l'état végétal et leurs dialogues sont un régal.
Sent-ils tous crétins ou est-ce la manière dont ils communiquent, le rôle qu'ils endossent dans la vie sociale ? Seule Marge (Frances McDormand) a un moment "normal", c'est la scène de la seconde confrontation avec Jerry, lorsque ce dernier emploie un ton plus virulent, elle quitte son sourire social pour montrer une émotion réelle. Car le dialogue, la parole est souvent une façade, dont les personnages pourraient se passer. Il faudrait retirer toutes les parties où le langage n'est que phatique, le "small talk" et il ne resterait pas grand-chose.
Ces personnages faulkneriens sont fascinants et horribles à la fois, vies tranquilles perturbées par une violence extrême et peu compréhensible car motivée par des raisons dérisoires.
Tellement fascinants que l'on retourne souvent les observer. Il faut dire qu'ils sont servis par des acteurs remarquables.

13 oct. 2015

Jackie Stewart : Weekend of a Champion (1972) Frank Simon, Roman Polanski


Où l'on apprend que la sécurité autour des pilotes de Formule 1 a progressé énormément depuis les années 1970, que la conduite d'une voiture de course se fait en souplesse, enfin, façon de parler...
Polanski est un ami du couple Stewart et il suit le pilote lors du 29ème Grand Prix de Monaco.
Les deux compagnons se retrouvent quarante après pour faire quelques commentaires sur le temps qui passe, sur cette époque révolue.
Pour fans de Polanski et amateurs de circuits automobiles.

Marina Abramovic : The Artist is Present (2012) Matthew Akers, Jeff Dupre


Le Musée d'Art Moderne de New York, le MOMA, a présenté une rétrospective du travail de Marina Abramovic du 14 mars au 31 mai 2010.
Le documentaire suit les préparatifs de cette exposition, donne largement la parole aux proches de l'artiste et permet de mieux comprendre sa démarche.
Très instructif pour appréhender le concept de performance.

12 oct. 2015

Man on Wire (2008) James Marsh


Construit comme la reconstitution d'un braquage, ce documentaire retrace les exploits de Philippe Petit, funambule, qui l'ont conduit à franchir les tours du World Trade Center sur un câble d'acier.
Le pari est fou et cet homme l'a réalisé. Les différentes étapes sont bien développées mais ce que j'aime le plus est cette part de folie qui le sépare d'autrui et qui fait que l'on veut s'approcher de lui. Mouvements contradictoires qui viennent de sa puissante singularité.
Un homme et un câble, peu de choses finalement... Le documentaire témoigne admirablement de l'émotion qui se dégage de cet acte unique et insensé.

9 oct. 2015

The Martian (2015) Ridley Scott


Une mission sur Mars tourne mal, un astronaute (Matt Damon) est laissé sur place, tenu pour mort. Lorsqu'il se rend compte qu'il est seul, la survie commence.

Pas un film bouleversant, rien de particulièrement émouvant ou mémorable mais l'ensemble présente un tel optimisme, que ce soit l'ingéniosité et l'humour du personnage principal ou la force collective dégagée pour le tirer d'affaires, que je concède me laisser aller à l'élan général.
Quelques minutes après j'ai déjà presque tout oublié.

6 oct. 2015

All is Lost (2013) J. C. Chandor


Un navigateur solitaire (Robert Redford) subit les outrages de l'océan Indien. 
Survival qui prend le parti de l'épure, qui sait distiller une tension constante tout en préservant une retenue relative au personnage expérimenté s'économisant, luttant jusqu'au bout.
Le final est surprenant car on ne sait réellement si c'est la déception qui l'emporte, pourquoi tomber dans le happy end ou le soulagement devant les efforts récompensés par un démiurge conquis.
Un savoureux moment, claustrophobique à souhait.
Chandor est un auteur à suivre, j'avais adoré son excellent Margin Call.

4 oct. 2015

Lost Soul : The Doomed Journey of Richard Stanley's Island of Dr. Moreau (2014) David Gregory


Comment un beau projet indépendant se met à gonfler et échappe complètement à son réalisateur...

Richard Stanley veut adapter le roman de Wells, le budget devient de plus en plus conséquent. Lorsque Marlon Brando et Val Kilmer intègrent le projet c'est une autre aventure qui commence très loin de Hollywood.

Le documentaire montre bien la phase de pré-production, les intentions du réalisateur, l'enthousiasme qui l'anime. Des collaborateurs de qualité sont de la partie et tout semble aller pour le mieux. Ce qui suit est un peu triste, voir Stanley perdre la main en ne maîtrisant pas toute l'équipe partie tourner en Australie pour finir par être écarté totalement du projet est pathétique. Le voir revenir en tant que figurant anonyme devient surréaliste mais bien moins que les facéties géniales de Marlon Brando racontées par des membres de l'équipe. Brando voyant le désastre décide de suite de s'amuser comme personne, ce qui est relaté est grandiose. 

Il n'y a pas de sacralisation du réalisateur ici mais plus une enquête qui montre l'intérêt divergent des différentes parties composant une équipe, intérêts qui aboutissent à un désastre. Du coup j'ai envie de voir ce film en ayant à l'esprit les conditions de production.

3 oct. 2015

Sicario (2015) Denis Villeneuve


Un groupe d'intervention américain, aidé par un consultant très spécial (Benicio Del Toro) est chargé d'éliminer un chef mafieux qui sévit à la frontière américano-mexicaine. Le leader du groupe (Josh Brolin) choisit d'emmener avec lui une jeune recrue du FBI (Emily Blunt).

Film violent, superbement réalisé, des acteurs impeccables et une bande-son envoûtante. Villeneuve entraîne son spectateur en immersion pour ne jamais relâcher la tension. 
J'aime particulièrement le constat pessimiste du film, le scénariste a l'air de connaître son sujet et le traitement est distancié, les motifs, les enjeux ne se révélant que progressivement.

28 sept. 2015

Bob le flambeur (1956) Jean-Pierre Melville


Bob le flambeur. Truand retiré des affaires mais totalement dépendant de ce frisson, ce vertige qu'aiment à ressentir ceux de son espèce. 
Comme dans les grands films, les truands et les femmes, celles que l'on protège et celles qui vous protègent. Le destin fait que ce sont rarement les mêmes, il en est ainsi.
Melville sublime le récit, en fait presque une tragédie, nous entraîne dans des sentiers connus et fort joliment contés jusqu'à un certain point : celui qui nous avait échappé ou que nous avions oublié. Alors viennent les délices de la fable, nous sommes ravis, heureux de nous laisser happer dans la beauté.
Il y a beaucoup d'amour dans ce film, comme celui d'Yvonne et de l'intelligence. 

24 sept. 2015

The Evil Dead (1981) Sam Raimi


Pas revu depuis des lustres, cette aventure champêtre déborde d'idées, de trouvailles mêlant le gore et l'épique en passant par le comique. Je n'en avais pas un net souvenir hormis la scène du viol qui ne peut s'oublier. L'énergie développée par la mise en scène annihile toute la superficialité de l'argument.
De plus Bruce Campbell est excellent, son visage anguleux fait penser à un personnage de bande dessinée à partir duquel le réalisateur peut projeter tout ce qu'il a en tête. Un régal sanglant et purulent.

21 sept. 2015

9/11 : The Falling Man (2006) Henry Singer


Lorsqu'après le 11 septembre des images circulent montrant des hommes et des femmes se jetant dans le vide la réaction du public américain est violente. Un cliché en particulier, pris par Richard Drew, cristallise la tension qui se joue entre le respect d'un espace privé, dernière zone de recueillement le voyeurisme.
Certains journalistes cherchent à connaître, à identifier cet homme, le documentaire relate l'enquête qui conduit à cette identification en donnant, notamment, la paroles aux familles des victimes.

Documentaire émouvant qui aurait gagné à trouver plus de sobriété dans sa forme. 

13 sept. 2015

Destination Moon / Destination... Lune ! (1950) Irving Pichel


La conquête de la Lune.
L'épopée vu des années 50 n'est pas mal du tout, certes les costumes sont datés, les appareils peuvent prêter à rire mais l'essentiel est là et c'est étonnant de crédibilité scientifique. Pour ce qui concerne les non-initiés comme moi.
Les financiers doivent être convaincus et c'est un dessin animé avec Woddy Woodepecker qui développe les arguments.
J'aurais bien aimé avoir vu ce film enfant, c'eût été l'émerveillement garanti, aujourd'hui c'est davantage un étonnement devant la pertinence du propos, le conseiller technique devait être compétent.


When Worlds Collide / Le choc des mondes (1951) Rudolph Maté


Un astéroïde géant va entrer en collision avec la Terre. De quoi faire trembler toutes les chaumières. 
L'ONU est en mission, il faut envoyer une partie de l'humanité vivre dans l'espace. 

C'est Cecil B. DeMille qui développa le projet, la fusée devenant l'arche de Noé. Rudolph Maté le réalisera, George Pal à la production, Edith Head aux costumes...

Il faut regarder ce film avec l'âme d'un enfant, sourire devant les Matte Paintings, apprécier le discours naif, optimiste qui conduira quelques années plus tard à la conquête de la Lune. Le tout en Technicolor.

Barbara Rush était présente à cette séance et fit part de son émerveillement devant les travaux réalisés sur les différents plateaux.

12 sept. 2015

Serpent's Lullaby / La berceuse du serpent (2014) Patricia Chica


Comment aimer si l'objet de nos regards s'en trouve anéanti ? Comment aimer si l'amour que l'on porte ne trouve aucun corps sur lequel s'attacher ?
Variation subtile autour de Méduse dans laquelle la beauté est présente sans qu'elle puisse exercer son charme. La réalisation soignée de ces quelques minutes de récit opèrent de la même façon, nous sommes pris au piège scopique des images et restons pétrifiés devant le final. Masochistes nous en voulons encore.

9 sept. 2015

Tig (2015) Kristina Goolsby, Ashley York


Tig Notaro est une humoriste américaine, adepte du stand up et inconnue en ce qui me concerne. Ce documentaire nous amène à un moment précis de sa vie, celui où, après avoir perdu sa mère, elle apprend qu'elle a un cancer. Elle décide alors d'en faire l'objet de son spectacle.

Le film souffre de quelques longueurs ce qui n'empêche pas de maintenir un souffle qui emporte l'adhésion. Tig Notaro nous fait rire tout en noyant nos yeux de larmes, c'est beau, émouvant, une vraie force qui va.

18 juil. 2015

A Tricky Treat (2015) Patricia Chica


Halloween, fête familiale où tous se réunissent autour de la fameuse citrouille, lui faisant subir un sort des moins désirables.
Patricia Chica et Kamal John Iskander ont concocté un court délicieusement horrible qui vient quelque peu malmener la tradition...
De la belle oeuvre.

Mustang (2015) Deniz Gamze Ergüven


Un village en Turquie. Cinq soeurs s'amusent, c'est la fin de l'année et la joie d'en finir avec les cours est toute naturelle. Jeux dans l'eau avec les garçons, innocence et insouciance. Une voisine assez archaïque rapporte à la grand-mère qui les garde une toute autre version des faits, tachée de l'infâme contact entre les deux genres. La réputation à tenir et le respect de la tradition aidant, l'oncle décide alors de les marier au plus vite. Devant la réaction des jeunes filles c'est l'emprisonnement qui s'installe.
Excepté lorsqu'une jeune fille épouse celui qu'elle aime c'est le mariage forcé qui est visé et plus encore la tradition primaire reléguant la place de la femme au cercle domestique. L'homme est alors un animal supérieur attendant la nourriture dans son assiette, la femme son esclave.
Le film gagne les coeurs grâce aux jeunes actrices qui incarnent les soeurs, au jeu hystérique de l'oncle également, de la grand-mère qui oscille entre permissivité et peur du regard d'autrui. 
Le film prêchera les convaincus, il faudrait désormais le voir inonder les écrans des sociétés patriarcales.

Salle vost


28 juin 2015

Big Hero 6 (2014) Don Hall & Chris Williams


Big Hero 6 est un dessin animé passionnant ayant pour sujet la robotique. J'ai été agréablement surpris par l'intelligence et la finesse dispensées dans le premier tiers du film. La suite m'a semblé plus convenue mais je suis resté captivé par le charme du récit.

(dvd-vo)

2 juin 2015

Surfwise (2007) Doug Pray

.


Doc Paskowitz est une sorte de légende parmi les surfeurs. Il a surfé jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le faire, c'est-à-dire jusqu'à sa mort. Ce documentaire retrace son histoire.
La première partie présente le personnage, car c'est un réel personnage, arrêtant sa carrière de médecin pour partir vivre sur la route avec sa femme et ses neuf enfants. Sa religion est l'océan, l'océan et ses vagues pour surfer. Mais pas seulement, il est juif et pratiquant. Il refuse d'inscrire ses enfants à l'école et les éduque comme des petits animaux, aussi près de la nature possible. Ils vivent tous dans un petit camping car, stationnant d'une plage l'autre. Le discours de cet homme est puissant, humour et sagesse se conjuguent avec simplicité et charisme.
Cependant la seconde partie nous dévoile les coulisses, la violence d'un homme qui tyrannise ses enfants, les ligue les uns contre les autres, les écarte du monde, leur impose sa volonté. C'est alors le portrait d'un fou, d'un Balthazar Claës à la recherche de son absolu, entraînant dans sa quête sa famille, les marquant pour toujours. Ce n'est pas le happy end qui viendra prouver le contraire. Cette famille existe mais elle contient tous les rêves et les contradictions du rêve américain.

15 mai 2015

Mad Max : Fury Road (2015) George Miller


Retrouvailles avec Max Rockatansky dans une salle avec projection 3D.
Le fil narratif est infime, il consiste, pour l'essentiel, en un trajet épique aller et retour. La survie avec accrochée à ses basques féminisme et environnement. 
L'intérêt est ailleurs, dans la débauche d'action qui ne cesse de traverser l'écran même s'il est parfois difficile de rester attentif tant la succession d'étreintes musclées est intense. Le travail sur les tenues des différents personnages, celui sur le design des véhicules laissent admiratif, les acteurs sont excellents.
Quelques écueils regrettables, la séquence émotion où l'on évoque la rédemption, dont on se moque un peu, celle où Imperator Furiosa pleure, à genoux sur le sable, des détails. Une bluette entre deux personnages assez insipide...
De l'action, un peu trop, de l'humour et un guitariste hallucinant (la meilleure idée du film).
La séance reste agréable, c'est déjà beaucoup.

13 avr. 2015

Relatos salvajes / Les nouveaux sauvages (2014) Damian Szifron


Plusieurs sketchs démontrent que la violence n'est pas toujours là où nous croyons qu'elle se niche...
Une fois le prologue terminé l'on se dit que l'on a bien fait de se munir d'un paquet de popcorn au caramel, parce qu'il n'est pas nécessaire de mobiliser toute son attention sur l'écran, parce que le bruit de la mastication ne gêne en rien le bon déroulement du film. Non pas qu'il soit indigne du silence religieux voué à un classique mais parce que le sucre, la jubilation, le plaisir un peu coupable font corps avec ce qui est projeté. Comme le popcorn avalé, le film sera digéré et oublié, ce qui ne retire rien au bon moment passé. Et puis Ricardo Darin...
Un film bien écrit qui rejoint souvent la violence euphorisante d'un Chuck Jones.

Lien lien feng ch'en / Poussières dans le vent (1986) Hsou Hsiao-hsien


Le bout du tunnel éclaire progressivement l'écran puis le train enchaîne les couloirs sombres au milieu d'une jungle époustouflante de beauté. Les épreuves qui attendent Wan et Huen, fraîchement sortis de leur campagne, seront nombreuses. La ville va les mettre à l'épreuve et le jeune couple s'en verra transformé.
Hsou place les deux univers, le village et la ville, en opposition ou en juxtaposition. Le temps défile et la vie se presse dans les plis qui s'ouvrent aux deux personnages. Il y a un réel plaisir de filmer au sein de cette oeuvre habitée par des non-professionnels. Co-existant avec le récit Hsou des références multiples à un art qui le passionne, ce sont les toiles peintes des affiches de films où les personnages mangent, le son du film qui se joue dans la salle à côté ou encore un vol de scooter, pendant un instant l'on croit être dans un film de De Sica.
Le travail, les efforts pour joindre les deux bouts d'une vie rude épuisent l'enthousiasme d'un amour que l'on croyait éternel. La vie, remarquablement filmée, rappelle à ses héros, notamment à travers le personnage magistral du grand-père, qu'il suffit que l'on se penche pour y trouver de quoi se redresser. Moments de joies, écran se hissant en plein village, plans épurés sur une nature sereine, de quoi se redresser ou se ressourcer pour rester, partir... Le film ne le dit pas, en revanche il montre la quiétude d'une âme libérée de la douleur. Superbe.