29 mars 2015

While We're Young (2014) Noah Baumbach


Cornelia (Naomi Watts) et Josh (Ben Stiller) forment un couple qui subit l'épreuve du temps, enfermés dans leur quotidien, stagnant en attente d'un projet qui n'arrive pas, finaliser un documentaire ou avoir un enfant. 
La rencontre d'un jeune couple dynamique, créatif, enthousiaste,  Jamie (Adam Driver) et Darby (Amanda Seyfried), rompt leur monotonie et insuffle un vent nouveau dans leur vie...

Baumbach a écrit un scénario qui pointe avec justesse ce qui peut séparer les différentes générations et ce qui les rassemble. Avec ou sans les nouvelles technologies, il s'agit de s'accomplir, de savoir qui l'on est et ce que l'on veut. Pour y parvenir le film suggère que l'on prête attention aux autres, "ouvrir la porte" selon la citation d'Ibsen mise en exergue. S'enfermer avec ceux qui nous ressemblent conduit à une aliénation, un pourrissement.
La comédie comme correction des moeurs, castigat ridendo mores...

28 mars 2015

"Film Crazy, Interviews with Hollywood Legends", Patrick McGilligan, 2000


McGilligan évoque dans l'introduction les projections à la faculté, la soif de voir des films, d'en parler, toutes choses familières en ce qui me concerne. Il voulut ensuite rencontrer les auteurs, recueillir leur opinion. La plupart de ces entretiens proviennent de la période où il travaillait pour le "Boston Globe", de 1973 à 1976.
Raoul Walsh, Clarence Brown, René Clair, George Stevens, Joel McCrea, Sheridan Gibney, Ronald Reagan, Dore Schary, Robert Stevenson, Ida Lupino, William Wellman et Alfred Hitchcock.

On y voit passer une période, on y voit passer des vies.

"- Why was Muni fixated on doing Louis Pasteur ?
- I don't know, His wife told me that he had always wanted to play someone with a beard and that is what intrigued him. (laughs)"
Sheridan Gibney

A propos du pouvoir, Dore Schary, à la tête de la MGM...
"I knew that if you have power, you must exercise it, otherwise you become nothing."

William Wellman
"I must have seen The Big Parade - and I was broke - some twenty-odd times. Not to copy King Vidor, just to learn. Then I'd go home and try to be a better director than Vidor, though I never succeeded."




22 mars 2015

Respire (2014) Mélanie Laurent


La mise en place des personnages, leur rencontre, le lien qui les unit, la distance et la rupture manière La chienne de Jean Renoir. Le scénario n'a rien d'original et si vous n'aviez pas compris le dialogue bégayera pour vous. Parfois la fraîcheur de l'interprétation l'emporte, séduit un instant mais après une vingtaine de minutes le rythme est d'une pesanteur tenace, on s'accroche mais rien n'y fait en dépit de la bonne volonté. N'est pas Pialat qui veut et la caméra qui oscille légèrement, quelque soit la scène, quelque soit le plan, cela finit par lasser. Il faudrait choisir entre le naturalisme et le maniérisme. A trop souligner on ne voit plus ce qui est pointé. Alors nous patientons jusqu'à la fin, nous quittons la salle et oublions assez vite ce qui s'est presque passé.

10 mars 2015

Carré blanc (2011) Jean-Baptiste Léonetti


J'aime beaucoup la séquence qui ouvre le film, la nature est là, belle et sauvage. C'est davantage la beauté qui inonde les écrans, la sauvagerie, le sang, la violence restent en arrière-plan pour ne pas heurter. La Fontaine nous a montré que la nature n'est pas que la beauté, ceux qui la connaissent le savent. Les hommes font partie de cet univers, beau et sauvage.
Le récit dystopique offert à nos yeux n'évacue pas cette sauvagerie, elle se répète en de courtes séquences qui se succèdent jusqu'à déranger, voire rire mais pas d'une manière libératrice, plutôt le rire que l'on peut avoir en lisant les récits de Kafka. 
Les cadres précis nous étreignent jusqu'à l'étouffement, sensation accentuée par un travail lynchien sur le son, on pense également à Ghosts...of the Civil Dead....il y a des films qui exigent la salle ou au pire l'écoute au casque.
Léonetti nous entraîne assez loin dans l'écoeurement, alors oui, le discours critique sur une certaine organisation sociale et/ou économique est manifeste, le spectateur en est conscient mais il réside une part d'humanité (le préposé au parking en est un bel exemple, derrière le rictus, la casquette totalitaire, un coeur bat) qui sauve le reste. La part sur laquelle l'on s'accroche. En sortant de ce film vous ressentez une féroce envie de vivre, de retrouver l'air pur...
La paternité et les responbalités qu'elle implique est une des lectures du film qui le rend encore plus intime, plus attachant.
Une première oeuvre riche, cohérente, sans boursouflures.