10 mars 2015

Carré blanc (2011) Jean-Baptiste Léonetti


J'aime beaucoup la séquence qui ouvre le film, la nature est là, belle et sauvage. C'est davantage la beauté qui inonde les écrans, la sauvagerie, le sang, la violence restent en arrière-plan pour ne pas heurter. La Fontaine nous a montré que la nature n'est pas que la beauté, ceux qui la connaissent le savent. Les hommes font partie de cet univers, beau et sauvage.
Le récit dystopique offert à nos yeux n'évacue pas cette sauvagerie, elle se répète en de courtes séquences qui se succèdent jusqu'à déranger, voire rire mais pas d'une manière libératrice, plutôt le rire que l'on peut avoir en lisant les récits de Kafka. 
Les cadres précis nous étreignent jusqu'à l'étouffement, sensation accentuée par un travail lynchien sur le son, on pense également à Ghosts...of the Civil Dead....il y a des films qui exigent la salle ou au pire l'écoute au casque.
Léonetti nous entraîne assez loin dans l'écoeurement, alors oui, le discours critique sur une certaine organisation sociale et/ou économique est manifeste, le spectateur en est conscient mais il réside une part d'humanité (le préposé au parking en est un bel exemple, derrière le rictus, la casquette totalitaire, un coeur bat) qui sauve le reste. La part sur laquelle l'on s'accroche. En sortant de ce film vous ressentez une féroce envie de vivre, de retrouver l'air pur...
La paternité et les responbalités qu'elle implique est une des lectures du film qui le rend encore plus intime, plus attachant.
Une première oeuvre riche, cohérente, sans boursouflures.


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