13 avr. 2015

Lien lien feng ch'en / Poussières dans le vent (1986) Hsou Hsiao-hsien


Le bout du tunnel éclaire progressivement l'écran puis le train enchaîne les couloirs sombres au milieu d'une jungle époustouflante de beauté. Les épreuves qui attendent Wan et Huen, fraîchement sortis de leur campagne, seront nombreuses. La ville va les mettre à l'épreuve et le jeune couple s'en verra transformé.
Hsou place les deux univers, le village et la ville, en opposition ou en juxtaposition. Le temps défile et la vie se presse dans les plis qui s'ouvrent aux deux personnages. Il y a un réel plaisir de filmer au sein de cette oeuvre habitée par des non-professionnels. Co-existant avec le récit Hsou des références multiples à un art qui le passionne, ce sont les toiles peintes des affiches de films où les personnages mangent, le son du film qui se joue dans la salle à côté ou encore un vol de scooter, pendant un instant l'on croit être dans un film de De Sica.
Le travail, les efforts pour joindre les deux bouts d'une vie rude épuisent l'enthousiasme d'un amour que l'on croyait éternel. La vie, remarquablement filmée, rappelle à ses héros, notamment à travers le personnage magistral du grand-père, qu'il suffit que l'on se penche pour y trouver de quoi se redresser. Moments de joies, écran se hissant en plein village, plans épurés sur une nature sereine, de quoi se redresser ou se ressourcer pour rester, partir... Le film ne le dit pas, en revanche il montre la quiétude d'une âme libérée de la douleur. Superbe.

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