23 nov. 2015

Rampage (1987) William Friedkin


Le film relate les meurtres commis par Richard Trenton Chase en janvier 1978. Le procès qui suit souligne la difficulté de juger le meurtrier. Est-il sain d'esprit ou pas ? La peine, selon la décision rendue, n'est pas la même : un internement hospitalier ou la peine de mort.
Le film n'a pas été exploité normalement car le producteur a fait faillite. Cinq plus tard, il peut être distribué de nouveau, Friedkin en profite pour faire un montage différent. Ceux qui ont vu les deux versions témoignent d'une inflexion pour ou contre la peine de mort, selon le montage.

Pour celle que j'ai vue, l'assassin est clairement désigné comme malade, même si la défense prend certaines libertés pour le dire.
Film dossier qui pourrait illustrer un débat sur le sujet, Rampage a cet aspect froid et clinique des démonstrations qui au final laissent le spectateur seul avec sa conscience. 


21 nov. 2015

Starry Eyes (2014) Kevin Kolsch, Dennis Widmyer


Satanisme chez les producteurs hollywoodiens. Comme des milliers de jeunes femmes, Sarah (Alexandra Essoe) fait des petits boulots tout en passant des auditions... Los Angeles. Un rôle se présente mais au prix de quelques sacrifices.
Ennui tranquille diffusé tout au long du récit, seules les scènes violentes viennent briser la monotonie du script.

15 nov. 2015

Beyond the Reach (2014) Jean-Baptiste Léonetti


Duel en plein coeur du désert de Mojave entre un puissant homme d'affaires, (Michael Douglas), ultra-équipé, suffisant, méprisant qui vient tester son fusil perfectionné et un jeune guide local (Jeremy Irvine). La sortie virera au cauchemar et la confrontation entre les deux personnages sera palpitante. Les cadres sont soignés et rendent hommage à la beauté des paysages. Ce qui fait regretter de ne pas avoir vu le film dans les salles. 
Le final, non souhaité par le réalisateur, déçoit mais n'atténue pas la saveur de cet excellent film de genre.

12 nov. 2015

Saul fia / Le Fils de Saul (2015) Laszlo Nemes


Vouloir traiter de la Shoah par le prisme de la fiction est un défi difficilement tenable. Alors vouloir représenter la quête mystique d'un homme, prisonnier à Auschwitz, membre des Soderkommando de surcroît relève de l'hérésie.

Le film commence par des images floues, l'on devine des corps, nous savons, pour ceux qui se sont documentés ce qu'il en est. Puis un visage, net, en gros plan. C'est Saul (Géza Röhrig), un juif hongrois. ce visage ne quittera pas le plan. Tout ce qui se déroulera autour sera suggéré, par un flou en arrière-plan et par le son hors-champ. Cette tête baissée, craignant de croiser le regard d'un allemand, sera le seul point de repère pour le spectateur. Ce visage reflètera la tension, l'horreur.

La quête est ailleurs, enterrer dignement un fils, qu'il soit fils ou qu'il permette à Saul de le croire, est ce qui peut lui permettre de croire en autre chose, de quitter l'enfer.

Film qui engage le spectateur, intense, admirable par son travail formel.

11 nov. 2015

Amy (2015) Asif Kapadia


Kapadia a pu avoir un accès aux films et autres documents appartenant à la famille Winehouse eu égard au succès remporté par le documentaire consacré à Ayrton Senna. Il semblerait qu'il ne soit pas satisfait du résultat et nous comprenons pourquoi. 

Le comportement addictif et compulsif de la jeune chanteuse n'est pas caché mais sa fragilité n'est jamais prise en compte par son entourage le plus proche. Une voix exceptionnelle, un talent certain, tout cela est détruit à cause de choix stupides, d'absence de compassion, de cupidité, d'égoïsme.

Une histoire triste déjà contée ailleurs.

10 nov. 2015

Saul Bass : Anatomy of Film Design.


UCLA Film & Television Archive programme une soirée entièrement consacrée à Saul Bass à l'occasion de la parution d'un livre écrit par son directeur, Jan-Christopher Horak. Conférence où quelques films sont diffusés.


Mennen Baby Magic / 1962

Le premier est un spot publicitaire visible sur le net très facilement. Pour les amateurs de Saul Bass l'on perçoit de suite un art du montage et surtout de la segmentation du corps humain. J'entends par là cette manière de ne montrer qu'une partie du corps dans le champ, ce qui se retrouvera dans de nombreux génériques. D'une certaine constance formaliste.


The Searching Eye / 1964


Ce court de 18 minutes est réalisé pour le pavillon Kodak dans le cadre de la Foire Internationale de New York en 1964. Il met en scène un enfant qui découvre les beautés du monde, beautés étant captées par l'oeil de la caméra. C'est à la fois une ode à la nature et un éloge de la puissance technique de la caméra. Cette dernière restant au service du premier. Ainsi la fleur, de la naissance à l'éclosion, motif qui sera réinvesti avec brio dans le générique du Temps de l'innocence de Scorsese.
Une visée pédagogique nimbe le récit, volonté qui ne cessera d'accompagner le travail de Saul Bass. Ecologie, technique, humanisme. Tout est déjà présent, prêt à se développer de la plus belle des manières.


Why Man Creates / 1968


Comme son titre l'indique ce court traite du processus de création. Sujet éminemment didactique et envisagé comme tel. Des chapitres en détaillent les différentes étapes mais l'ensemble est vu culturellement, historiquement, politiquement. Les propos sont synthétiques, drôles et la forme décline une variation de traitement qui force l'admiration. 


The Solar Film / 1980



Film dédié à l'énergie solaire, produit par Robert Redford. Un jeu subtil de variations autour de la sphère sert de fil conducteur au propos. Savoir, humour et beauté sont les forces qui sont mises au service du discours écologique. 

Quest / 1984


Scénario de Bradbury. 
La naissance d'un enfant. Un groupe d'individus vivant dans les ténèbres cherchant l'élu, celui qui réussira à les sauver. L'enfant doit apprendre beaucoup avant de partir accomplir la mission seulement il vieillit très vite et ne revient pas. Une nouvelle naissance et cette fois l'espérance renaît.

L'univers décrit dans ce court-métrage de fiction est grandiose, fait d'étapes différentes, tel un jeu d'arcade où le héros doit s'affranchir de nombreuses épreuves. Bass parvient à distiller une réelle angoisse grâce à sa maîtrise graphique et lorsque le final arrive nous ressentons avec émotion la délivrance. Le message est bien reçu, Bass veut que nous ouvrions les yeux sur la beauté qui nous environne, elle est là, accessible, à nous de la percevoir et de la préserver.




1 nov. 2015

Daïnah la métisse (1932) Jean Grémillon


Ce sont les restes d'un film mutilé, de 90 minutes ne subsistent qu'une soixantaine, mais quels beaux restes ! De ceux qui vous font regretter de ne pas avoir l'ensemble.

Le film se passe sur un paquebot, un couple se démarque du reste des passagers, comme le titre l'indique Daïnah (Laurence Flavius) est une métisse, son mari (Habib Benglia) est un illusionniste noir. Tous deux sont cultivés, utilisent une langue d'un niveau soutenu. Entre eux règne une relation étrange, très moderne. Daïnah veut sa liberté et fuit régulièrement la cabine pour se laisser séduire ou séduire tout en restant liée à son époux. Nous ne savons pas vraiment ce qui les unit... 
Lors d'un bal le mari fait son numéro et la belle Daïnah danse en captivant les invités présents. Moment étrange où les invités portent des masques ressemblant à ceux de James Ensor excepté Daïnah, voir la capture d'écran. Cette dernière dansera seule jusqu'à la transe avant de briser une coupe de champagne pour finir par quitter les lieux. Ivresse de la séduction, prisonnière de son mari, de sa classe bourgeoise, l'on ne peut réellement le conclure. 
Toutefois une relation étrange, entre attirance et rejet, se noue entre elle et un machiniste (Charles Vanel), un trio tragique prend alors naissance entre le couple et cet homme...

Film aux séquences hypnotiques, la masochisme qui règne dans ce film est d'une modernité sidérante.