1 nov. 2015

Daïnah la métisse (1932) Jean Grémillon


Ce sont les restes d'un film mutilé, de 90 minutes ne subsistent qu'une soixantaine, mais quels beaux restes ! De ceux qui vous font regretter de ne pas avoir l'ensemble.

Le film se passe sur un paquebot, un couple se démarque du reste des passagers, comme le titre l'indique Daïnah (Laurence Flavius) est une métisse, son mari (Habib Benglia) est un illusionniste noir. Tous deux sont cultivés, utilisent une langue d'un niveau soutenu. Entre eux règne une relation étrange, très moderne. Daïnah veut sa liberté et fuit régulièrement la cabine pour se laisser séduire ou séduire tout en restant liée à son époux. Nous ne savons pas vraiment ce qui les unit... 
Lors d'un bal le mari fait son numéro et la belle Daïnah danse en captivant les invités présents. Moment étrange où les invités portent des masques ressemblant à ceux de James Ensor excepté Daïnah, voir la capture d'écran. Cette dernière dansera seule jusqu'à la transe avant de briser une coupe de champagne pour finir par quitter les lieux. Ivresse de la séduction, prisonnière de son mari, de sa classe bourgeoise, l'on ne peut réellement le conclure. 
Toutefois une relation étrange, entre attirance et rejet, se noue entre elle et un machiniste (Charles Vanel), un trio tragique prend alors naissance entre le couple et cet homme...

Film aux séquences hypnotiques, la masochisme qui règne dans ce film est d'une modernité sidérante. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire