27 déc. 2016

The Barkley Marathons : The Race That Eats Its Young (2014) Annika Iltis, Timothy James Kane


"If you're going to face a real challenge it has to be a real challenge. You can't accomplish anything without the possibility of failure."

Excellent documentaire sur cet ultra-trail réputé par sa difficulté et par la personnalité atypique de ses organisateurs.

30 nov. 2016

Monty Python and the Holy Grail (1975) Terry Gilliam, Terry Jones


La légende du roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde revisitée par l'esprit loufoque des Monty Python. Quelques passages, quelques blagues ont vieilli mais de nombreux autres conservent toute leur force, toute leur folie créatrice. Ma préférence pour les injures françaises gratuites.

28 nov. 2016

Moonlight (2016) Barry Jenkins


Trois chapitres de la vie d'un homme qui tente de se construire, trois moments, l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte. A chaque fois l'émotion perce grâce à un formidable casting et à un récit agencé avec soin et subtilité. Film exigeant qui laisse la place à la beauté et dit les choses avec un tact appréciable, Moonlight marque les esprits. 

13 nov. 2016

Arrival (2016) Denis Villeneuve


Villeneuve signe un superbe film de science-fiction, un film adulte qui prend le parti pris de la réflexion, de l'humanisme, de l'intelligence sans pour autant oublier la beauté.
Vu dans une salle quelques jours après l'élection de Donald Trump, les dialogues faisaient mouche et transmettaient aux spectateurs cette foi en l'humanité, foi d'une urgence palpable dans la salle.

11 oct. 2016

Salvatore Giuliano (1962) Francesco Rosi


Rosi dresse le portrait de Salvatore Giuliano, le célèbre hors-la-loi italien. Un portrait qui se veut le plus proche possible de la réalité. Le réalisateur tient à nous faire savoir dès le début qu'il a tourné sur les lieux où a vécu, et où est mort, Giuliano. Souci historique également car Rosi prend soin de placer son personnage dans un contexte historique, celui de la volonté d'indépendance de la Sicile après la Deuxième Guerre mondiale.
Volonté historique et presque documentaire et pourtant Rosi semble fasciné par son sujet, fasciné sans pour autant omettre ses méfaits. Giuliano peut ainsi faire l'objet d'un culte et provoquer le dégoût. 
Personnage tragique, violent et populaire, il dégage un charisme morbide. La beauté et la violence, comme une personnification de la Sicile. 

9 oct. 2016

La vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 (2013) Abdellatif Kechiche


Beau film qui dresse le portrait d'Adèle, jeune lycéenne qui va découvrir sa sexualité et l'amour avec Emma, sexualité et amour n'allant pas toujours de pair. Kechiche n'évacue pas la relation charnelle hors du récit, il en fait un sommet qui a une importance capitale. La différence socio-culturelle est un autre aspect que le film aborde mais la passion physique qui unit les deux femmes est admirablement traitée. Seydoux et Exarchopoulos semblent idéalement choisies, idéalement dirigées. Une polémique a surgi après le film, la polémique passe, le film reste et il est, en ce qui me concerne, habité par l'interprétation.

3 oct. 2016

Amanda Knox (2016) Rod Blackhurst, Brian McGinn


Amanda Knox est une étudiante américaine qui vit en Italie, une co-locataire est retrouvée dans sa maison, violée et égorgée...

Le documentaire retrace cette affaire au traitement international. Les portraits du journaliste anglais et de l'inspecteur italien sont brossés avec soin mais l'ensemble a un goût d'inachevé tant les détails techniques du procès sont laissés presque à l'abandon. 

24 sept. 2016

Promised Land (2012) Gus Van Sant


C'est pratiquement du Capra, la veine classique de Gus Van Sant, loin des films que je lui préfère, de Gerry, Last Days, Elephant... Reste que tout opère doucement, sans surprise mais sans faute grave.

Les amants (1958) Louis Malle


Vie bourgeoise, l'ennui... Exister alors devient capital et l'indifférence détourne du chemin marital. Louis Malle filme un vaudeville littéraire cependant sensuel où une femme, interprétée délicieusement et charnellement par Jeanne Moreau, cherche à vivre, à respirer, à être un corps et pas seulement une figure. La tentative est belle mais rien ne m'accroche dans cette liaison finale. C'est trop écrit, trop improbable. 

Emilio D'Alessandro, Filippo Ulivieri, "Stanley Kubrick and me", 2016



"I had the chance to see how many famous people are spoiled by money and luxury, and it's not unusual for them to become arrogant and rude, too. Stanley was one of the few celebrities who were still in touch with the real world."

Emilio D'alessandro a d'abord été le chauffeur de Kubrick. Il est devenu assez rapidement bien plus que cela, son assistant personnel, son homme de confiance, son factotum.
Emilio nous permet de pénétrer dans le quotidien le plus banal et si l'on aime Kubrick c'est une chance extraordinaire.

Emilio D'Alessandro, c'est l'équivalent de Céleste Albert pour Marcel Proust. Ces petits riens qui font beaucoup pour qu'une oeuvre puisse se développer comme un torrent.

19 sept. 2016

So-won / Wish / Hope (2013) Joon-ik Lee


Le sujet est dramatique : une jeune écolière se fait violer par un marginal sur le chemin de l'école. 
Joon-ik Lee n'évite pas les scènes à violons, a recours à des ralentis assez coupables mais reconnaissons qu'à de nombreuses reprises il réussit à toucher juste, à dire quelque chose sur les liens familiaux, sur la difficulté de l'unité familiale, sur le traumatisme et la manière de le surpasser. 

5 sept. 2016

Exit Through the Gift Shop (2010) Banksy


Vrai-faux documentaire, difficile de le savoir cependant Exit Through the Gift Shop offre une remarquable entrée sur le street art, son développement, sa récupération. Plus encore, ce documentaire (la catégorie semble étroite) distille une subversivité joyeuse et stimulante. Brillant, drôle, intelligent, parfois consternant, Banksy épate et crée un objet des plus réjouissants. 

3 sept. 2016

Khãneh duos kojãst ? / Où est la maison de mon ami ? (1987) Abbas Kiarostami



Kiarostami ou l'art de faire simple mais profond. Un jeune garçon prend le cahier d'un camarade par inadvertance. Il veut absolument le lui rendre car l'instituteur l'a déjà réprimandé et la punition risque d'être de taille. Pris par la responsabilité et en dépit de l'interdiction de sa mère, le jeune Ahmad décide de se rendre dans le village voisin afin de trouver la maison de son ami.

L'ami, dans la fiction, ne l'est pas vraiment, pas au moment de la prise de conscience du cahier accaparé. Il faudra attendre la fin pour voir, peut-être, naître cette relation dans le geste offert. Entre temps ce sont les efforts du jeune Ahmad, la poursuite de sa quête dans cet géographie nord-iranienne, parmi les adultes, pas forcément accommodants, qui forcent l'admiration. Kiarostami habille cette quête des voiles de la mythologie, du conte, de la fable. Le meilleur moment étant le bout de chemin effectué avec le vieil artisan, le sublime n'est pas loin. 
Une oeuvre pure et captivante.

2 sept. 2016

World Trade Center (2006) Oliver Stone


Oliver Stone est un cinéaste qui ne cesse de dialoguer dans son oeuvre avec l'Amérique, l'aimant par-dessus tout mais ne lui passant rien. Rien d'étonnant de le voir signer le premier film de fiction après le drame. Un film, si l'on excepte l'épilogue, plutôt en retenue. Nous sommes loin du film-catastrophe pétaradant, l'émotion prime et le score reste discret, voir la scène où Mclaughlin voit la lumière de jour. Voir également l'angle scénaristique choisi pour aborder cet événement funèbre. Pas de bruit, pas de fureur, l'évocation l'emporte et c'est la petite histoire qui est au premier rang, celle de la famille américaine, celle de la communauté au sens large. Stone célèbre l'entre-aide, les ressources humaines, les valeurs, le ciment d'une nation.

29 août 2016

The Hunter / Le chasseur (2011) Daniel Nettheim


Deux bonnes raisons pour aller jeter un oeil sur ce film : Willem Dafoe et la beauté des paysages de Tasmanie. Dafoe interprète un chasseur solitaire, spécialiste de la survie et du maniement des armes, qui doit retrouver un Thylacine. L'espèce a disparue depuis 1936 mais certains locaux en ont rapporté la présence.

Le récit prend son temps, ce qui est un gage de qualité. Le scénario est prévisible mais la distribution (Sam Neill, Frances O' Connor ajoutent au plaisir) est impeccable. Pas un chef d'oeuvre mais un objet suffisamment soigné pour retenir notre attention.

18 août 2016

The Harvest (2013) John McNaughton


Naviguant au hasard sur Netflix je tombe sur ce film, McNaughton n'est pas un inconnu, c'est parti.
D'abord l'agréable surprise de revoir Michael Shannon. A-t-il déjà interprété un personnage bien dans sa peau ? Puis la silhouette imposante et familière de Peter Fonda. 
Les deux principaux personnages sont des enfants, Natasha Calis et Charlie Tahan font le job à merveille. L'une est orpheline et vient vivre avec ses grands-parents, l'autre a un traitement lourd à domicile appliqué par ses parents. 
Le récit commence comme un film dossier, le deuil et le handicap traités via le regard des enfants et puis le film prend une orientation différente, entre thriller et film d'horreur. Une belle surprise, interprétation solide et réalisation efficace.

17 août 2016

Général Idi Amin Dada (1974) Barbet Schroeder


Ouganda, territoire du dictateur Idi Amin Dada. On ne voit que lui, ses pensées, ses conseils, ses commentaires. L'homme est creux et l'on peine à terminer le documentaire. Il suffit. Ou, finalement, comment sentir l'omniprésence étouffante du vide et du danger qui va avec. C'est certainement cela, vivre sous le règne d'un dictateur : éprouver le vertige de l'impasse, de la bêtise, de la mort.

15 août 2016

Beat the Devil (1953) John Huston


"Tell me more about Rita Hayworth"

Le scénario n'a guère d'intérêt, l'uranium que les personnages recherchent n'est qu'un prétexte à une comédie loufoque sise sous le soleil amalfitano. Bogart, Jennifer Jones et Gina Lollobrigida sont de la partie mais nos regards se penchent vers les outsiders : Peter Lorre, Robert Morley, Ivor Barnard ou encore Marco Tulli. 
William Styron a écrit un roman à propos de ce tournage cauchemardesque (Bogart a un accident de voiture, Huston chute d'une falaise et en réchappe par miracle...), "Set This House on Fire". Sur ma liste.

Crazeologie (1954) Louis Malle


Court-métrage d'études, Louis Malle est à l'IDHEC, Crazeologie est assez anecdotique. C'est un "essai de rendu cinématographique de l'absurde théâtral et littéraire" qui réussit son objectif. Très potache le film peut se voir sur YouTube. C'est également un hommage à Charlie Parker.

14 août 2016

Ascenseur pour l'échafaud (1958) Louis Malle


C'est surtout la musique de Miles Davis qui est restée, j'avais vu le film il y a longtemps sans vraiment en avoir retenu autre chose. J'avais tort. L'amour qui lie Florence (Jeanne Moreau) et Julien (Maurice Ronet) est d'une intensité telle que le reste n'existe pas. Il faut pourtant composer avec la réalité, avec les choses. L'on sent un frémissement autour des personnages, l'époque dans laquelle ils vivent. La modernité transforme le quotidien, la société de consommation, ceux qui en profitent et qui se délectent de ses avantages, ceux qui la regarde passer comme les vaches les trains. Florence et Julien sont ailleurs, dans le désir, l'urgence de se retrouver et, par le biais du scénario, dans l'absence. Miles Davis glisse ses notes profondes et nous voyons, avec plaisir, Jeanne Moreau errer dans la nuit parisienne.

13 mai 2016

Au revoir les enfants (1987) Louis Malle


Je n'ai jamais véritablement aimé ce film, non pas que je le tienne en horreur mais il ne me touchait guère. Je l'ai vu plusieurs fois. Je n'y voyais qu'une palette insipide, pleine de bons sentiments, rien qui ne ressemble à la guerre sale, violente, brutale.

Puis je l'ai vu avec des collégiens et nous en avons discuté.

J'ai alors pris conscience que c'était là le véhicule idéal pour montrer ce que la guerre avait de plus réel, c'est-à-dire la disparition soudaine, violente, brutale et insensée de ceux que l'on aime.
Car les collégiens s'attachent à la chronique douce-amère de l'enfance, de l'internat et lorsque la dénonciation surgit, lorsque l'amitié qui attendait tant de se déployer se voit amputée des moments dont elle a besoin pour s'épanouir, alors la guerre devient réelle.

6 avr. 2016

The Man Whose Mind Exploded (2012) Toby Amies


Tony est gay. Plusieurs accidents l'ont handicapé, ainsi il n'a plus de mémoire, il vit totalement dans le présent. Ses proches lui rendent visite, s'occupent de lui...

Toby vit dans un petit appartement, c'est un excentrique qui vit sa vie comme il l'entend, loin des contingences matérielles. Des notes, cartes postales, images pendent de son plafond, sont accrochées aux murs, s'entassent dans les moindres recoins. Ses amis, sa famille s'inquiètent car parfois il disparaît mais lui n'en a cure. Il vit dans une sérénité, une paix intérieure que rien ne peut réellement perturber.

C'est un être adorable que l'on ne peut comprendre. Sa manière de vivre dans le monde est pure et force l'admiration.
Ce documentaire est émouvant car il rend compte de la qualité de ce personnage, il rend compte également de l'impossibilité à le comprendre, à l'atteindre dans ce détachement absolu. 

3 avr. 2016

Batman v Superman : Dawn of Justice (2016) Zack Snyder


Non, vraiment, je n'aurais pas dû y aller. Que Batman et Superman ne soient pas d'accord et s'envoient des pains à détruire le béton autour d'eux ne m'intéresse pas, pas plus que le monstre visqueux sans sexe qui vient les divertir. Je ne connais rien à l'univers BD dont sont issus ces personnages et les deux acteurs choisis pour les incarner serrent les mâchoires pour affirmer leur colère, leurs démons et m'empêchent d'éprouver un quelconque intérêt. Les longues séquences de combat me donnent l'impression d'être devant un écran de jeu video mais, encore une fois, je ne connais pas cet univers, celui des jeux video.
Je devrais simplement m'abstenir.

Killing Them Softly (2012) Andrew Dominik


Polar plutôt plaisant, qui vaut surtout par une belle distribution même si Brad Pitt ne trouve pas la bonne tonalité, je ne le trouve pas convaincant. Ses répliques sont cinglantes, elle me font parfois penser à Denis Hopper dans Blue Velvet mais rien ne dérange dans ce que Pitt dégage. Le charabia politique qui surcharge le film et quelques effets visuels inutiles sont de trop. Dommage, l'impression de passer devant quelque chose qui aurait pu être plus simple et plus solide.

23 mars 2016

10 Cloverfield Lane (2016) Dan Trachtenberg


Michelle (Mary Elizabeth Winstead) vient de quitter son petit ami. Alors qu'elle est en voiture, elle se fait percuter et perd connaissance. Elle se réveille dans un cave, menottée à la tuyauterie et son "protecteur" (John Goodman) lui dit qu'une attaque chimique a frappé le pays mais qu'elle est en sécurité avec lui. 

Bon huis-clos psychologique qui termine en envolée science-fictionnelle. Si l'on met de côté les ressources épiques du personnage, le scénario déroule avec efficacité son fil narratif et l'on ne s'ennuie guère.
Produit par Matt Reeves, le film pourrait se passer à la même époque diégétique que Cloverfield.

22 mars 2016

The Countess (2009) Julie Delpy


Une comtesse hongroise du XVIIe siècle a le désir fou de reste jeune en dépit de tous les obstacles. Film passionnant, entre biographie historique et film d'horreur, le récit de Delpy parvient à s'insinuer entre le gore et la condition féminine et son désespoir. Le pouvoir est un autre thème agrémenté d'un discours sur ce que peut provoquer l'amour fou, le narcissisme. Des plans bien composés ajoutent encore au charme de cet objet vénéneux. 

Citizenfour (2014) Laura Poitras


Edward Snowden. L'ingénieur système qui a révélé au monde entier ce que la NSA, agence américaine, réalisait au jour le jour avec l'aide d'autres agences internationales : surveiller l'ensemble des données transitant via le numérique. Enregistrons tout et cherchons ensuite, c'est plus simple.
Le documentaire relate la période qui précède les révélations de Snowden, révélations légitimes qui montrent qu'il n'y a plus de vie privée ou, en tout cas, que celle-ci est stockée et utilisable à tout moment. 
Les avancées technologiques permettent cet usage et nous voici vulnérables. Entre ceux qui pensent que nous n'avons rien à cacher, ceux qui pensent que la traque des terroristes entérinent ces méthodes, ceux qui crient à l'invasion de la sphère privée... le débat et vif et les questions restent ouvertes. Le désir de sécurité et la volonté d'être libre se rencontrent en ces points précis.

J'ai visité une installation de Laura Poitras, au Whitney Museum de New York, ce mois-ci. Je regardais un écran géant montrant des visages qui regardaient les tours du World Trade Center en flammes, visages au ralenti, l'horreur en hors-champ mais dans nos esprits. Ce même écran, au milieu d'une salle diffusait sur son revers les interrogatoires de prisonniers dans des cellules secrètes. 
Puis, plus loin, des ouvertures horizontales, offraient à nos regards d'autres éléments, regards espions, scrutant l'information. 
Ensuite une salle noire, nous nous allongeons, le plafond dévoile des cieux venus de plusieurs endroits de la planète. Quelques mètres plus tard, un autre écran nous apprend qu'une caméra infra rouge nous filme à notre insu, un écran supplémentaire empile les données de nos portables.
Malaise, nous sommes à nu, au centre des regards, au coeur du système panoptique.

C'est le sujet du film. C'est la vie qu'on mène.

7 mars 2016

Los Angeles Plays Itself (2003) Thom Andersen


Thom Andersen aime sa ville, Los Angeles. Il a un goût prononcé pour l'architecture et lorsqu'il regarde la manière dont cette ville est perçue au cinéma, il n'est pas satisfait.

Ce documentaire de trois heures donne à voir de nombreux extraits de films qui tous ont un point commun : ils se servent de Los Angeles, mettent la ville en arrière-plan ou au premier plan.
Andersen développe son point de vue, en voix-off, et montre comment et pourquoi les studios agissent de cette manière, comment ils maltraitent la ville, son espace, sa géographie. En contrepoint Andersen montre aussi de quelle façon elle peut être traitée honnêtement, avec respect.

La démonstration est passionnante et l'on peut ne pas être d'accord, voir par exemple le traitement que Welles réserve à l'espace, à la réalité géographique mais il faut reconnaître que Andersen touche souvent juste. De plus il aime le cinéma, ce qui n'enlève rien à son argumentation.

6 mars 2016

Happy People : A Year in the Taiga (2010) Werner Herzog, Dmitry Vasyukov


Werner Herzog a passé un an dans la Taiga (ou a tourné le documentaire en quatre fois, collant aux quatre saisons) avec les habitants de Bakhtia, en particulier les trappeurs. Ce qui est remarquable dans ce documentaire c'est la volonté de rapporter la réalité sans la transcender, la déformer par des trames de récit recherchant le spectaculaire. La simplicité et la vérité sont les points cardinaux suivis par Herzog, avec un soupçon de didactisme, ce qui ne nuit pas à l'ouvrage. Essentiel pour qui veut comprendre ce que la vie sauvage signifie.

5 mars 2016

Punch-Drunk Love (2002) Paul Thomas Anderson


Comédie originale, Adam Sandler interprète un petit patron d'entreprise très névrosé, quasi autiste qui va tomber amoureux de l'amie d'une de ses soeurs (Emily Watson).

C'est bien réalisé, beaux plans, beau découpage mais l'ensemble reste glacé, sans émotion. Du coup, une frustration subsiste.

29 févr. 2016

Training Day (2001) Antoine Fuqua


Ethan Hawke interprète un jeune inspecteur des narcotiques qui est placé sous la tutelle d'un collègue plus expérimenté (Denzel Washington).
Rien de nouveau sous le soleil angelino, le film se regarde et s'oublie.

Bukowski : Born into This (2003) John Dullaghan


Bukowski, Bukowski, Bukowski...
Lire Bukowski. Le lire et le relire. Pas trop, on pourrait quitter son job dans la foulée. 

Documentaire bien fichu pour qui veut rencontrer Hank. Bono et Sean Penn viennent polluer la rencontre mais le reste est digne d'intérêt. 

"When I got back to Los Angeles I found a cheap hotel just off Hoover Street and stayed in bed and drank. I drank for some time, three or four days. I couldn't get myself  to read the want ads. The thought of sitting in front of a man behind the desk and telling him that I wanted a job, that I was qualified for a job, was too much for me. Frankly, I was horrified by life, at what a man had to do simply in order to eat, sleep, and keep himself clothed. So I stayed in bed and drank. When you drank the world was still out there, but for the moment it didn't have you by the throat."   BukowskiFactotum, 1975

Making a Murderer (2015) Moira Demos, Laura Ricciardi


Dix épisodes d'une heure pour retracer les mésaventures d'un homme, Steven Avery. Un homme qui est resté 18 ans en prison pour une agression sexuelle pour laquelle il a été innocenté. Voulant attaquer la justice pour les erreurs grossières commises lors de l'enquête, la même administration l'accuse de nouveau pour meurtre, l'enquête s'effectue par les mêmes hommes qui ont toutes les raisons du monde pour l'inculper. Ce fait, à lui seul, est étonnant.

Ce documentaire est prenant, l'on reste stupéfait devant la machination qui se met en route et l'on prie pour ne pas se trouver dans les filets d'un système qui peut vous broyer de la sorte. La première inculpation qui entraine l'incarcération d'Avery est consternante, l'on se demande combien d'innocents sont enfermés. Ce n'est certainement pas une majorité mais le simple fait que cela soit possible laisse songeur. 
Le spectateur n'a pas accès à la totalité du dossier mais à la lueur de ce qui lui est montré c'est la révolte qui l'emporte.

28 févr. 2016

Night of the Living Dead / La nuit des morts-vivants (1968) George A. Romero


Un classique, toujours aussi percutant.
La fin est d'une brutalité étonnante qui a des échos politiques involontaires, Romero s'en est souvent expliqué. On ne peut cependant s'empêcher d'y voir une belle métaphore. 

El abrazo de la serpiente / L'étreinte du serpent (2015) Ciro Guerra


Un vieux chaman vit dans la forêt amazonienne. Un homme vient à sa rencontre, il cherche une plante rare. Le chaman se souvient d'un autre homme, venu pour la même raison, plusieurs dizaines d'années auparavant.

Guerra raconte une histoire simple mais dense, celle de la communion avec la nature, celle du sens que l'on donne à sa vie. Celle également de la rencontre impossible, de la nécessité que chaque chose reste à sa place. Chaque homme ? La question se pose.
Le noir et blanc est superbe, les cadres somptueux. On pense à Conrad, à Herzog, se perdre dans les méandres de l'Amazone relève de la fascination. Penser que l'on peut rejoindre ce qui se rapporte le plus à une réalité absolue et que les chances d'y perdre la vie sont grandes. Il faut croire que c'est cela le progrès, changer son environnement au point de ne plus pouvoir vivre au sein de la nature. Ce film remue les forces primaires qui sont en nous, il rappelle que la nature doit être respectée et vouloir l'exploiter est une hérésie. Il y a définitivement quelque chose de sacré dans les images de Guerra.

23 févr. 2016

Jesus Camp (2006) Heidi Ewing, Rachel Grady


Allumés de tous pays unissez-vous... ceux qui ont la foi en tiennent une couche, en particulier le mouvement pentecôtiste ciblé. Ils se réunissent même dans des camps d'été pour former leurs chérubins et certains le sont particulièrement. C'est un témoignage consternant qui s'offrent à nos regards ébahis. Les enfants deviennent des outils de propagande, vidés de leur libre choix ils partent en croisade, petits perroquets myopes ahanant les vues basses de leurs aînés. Quelles vies...

Koroshi no rakuin / La marque du tueur (1967) Seijun Suzuki


Gorô Hanada (Jô Shishido) est un tueur professionnel. Mais pas le meilleur, c'est le numéro 3. Il a un signe particulier, son côté fétichiste : les effluves du riz vapeur le mettent en émoi, quelques inspirations et le voilà parti pour explorer les cours féminins pendant des heures...
Un de ses contrats vient d'échouer, un papillon s'est posé sur son Mauser et la cible s'est éloignée, ce sont alors les tueurs 1 et 2 qui sont chargés de lui faire la peau.

Jeu avec le genre, liberté folle sur le fond et sur la forme, sexy, drôle, épique, ce film est un régal.

Cartel Land (2015) Matthew Heineman


Documentaire sur les cartels de la drogue mexicains. Matthew Heineman montre les répercussions fatales de ces activités des deux côtés de la frontière. Des civils tentent de contrer le phénomène seuls, la seule option semble être celle des armes. Le constat est brutal et sans appel. L'appât du gain l'emporte et les moyens de lutter contre le fléau sont dérisoires. Portraits de Don Quichotte à la frontière, au sens propre et figuré.

Rampart (2011) Oren Moverman


Dave Brown (Woody Harrelson) est un flic qui travaille à la division Rampart, Los Angeles. Il a de la bouteille et ses méthodes sont expéditives. Il est raciste, misogyne, vit avec ses deux ex qui sont soeurs et qui couchent avec lui lorsqu'elles en ont envie. Brown est allé trop loin et un procureur (Sigourney Weaver) veut le coincer. James Ellroy a cosigné le scénario, pas étonnant.
Brown est hanté par des démons et le film ne prend pas la peine de tout expliquer. Il semble vouloir atteindre la femme dans son essence mais il en est incapable.

Le film montre sa descente aux enfers, un homme en perdition sans en donner les motifs. L'esthétique est particulièrement soignée et vaut à elle seule le coup d'oeil. La distribution est un autre élément attractif, Harrelson, Weaver, Steve Buscemi, Robin Wright, Ice Cube, Ned Beatty...

19 janv. 2016

Let Go (2015) Isabel Dréan


Qu'est-ce qui vous fait le plus peur dans la vie ? La réponse, celle d'Isabel Dréan est dans ce court. Un court sensuel, presque tactile. C'est beau et très sombre à la fois.

16 janv. 2016

The Imposter (2012) Bart Layton


Nicholas Barclay, une jeune garçon de 13 ans vivant à San Antonio au Texas, disparaît. Trois ans plus tard un policier appelle la famille, un jeune homme prétend être Nicholas Barclay, il est en Espagne. Sa soeur part alors le chercher.

Je ne dirai rien de plus si ce n'est qu'il faut voir le film en ne sachant rien de l'histoire car elle est invraisemblable et pourtant elle s'est déroulée de cette manière.
Une remarque sur le parti pris du réalisateur qui semble être tombé sous le charme de son personnage principal, reléguant la famille Barclay dans la pénombre. Un rien partial.

Best of Enemies (2015) Robert Gordon, Morgan Neville


1968. ABC, la chaîne américaine est loin derrière NBS et CBS qui se disputent le podium. Les élections approchent et une idée germe. Ne pouvant couvrir les grands congrès à la manière de leurs concurrents, la chaîne décide de miser sur un débat reprenant les divers thèmes abordés par les grands partis, débat qui sera en direct, mené par deux hommes diamétralement opposés : Gore Vidal et William F. Buckley.
Le premier est un intellectuel libéral, émancipé sexuellement, moderne ou décadent selon le point du vue, le second est ultra-conservateur.
Les deux hommes vont s'écharper, usant d'arguments et contre-arguments. La détestation est manifeste, la qualité des joutes verbales hisse l'émission à la première place. L'Amérique est en proie au changement, les spectateurs sont pris de passion pour ces choix de vie exposés sous leurs yeux.
Les deux hommes sont brillants et moins caricaturaux, plus complexes qu'il n'y paraît. Le documentaire révèle un Vidal en proie au narcissisme et un Buckley prisonnier de son idéologie, plus sensible et torturé.

14 janv. 2016

Kurt & Courtney (1998) Nick Broomfield


Documentaire à charge contre Courtney Love qui ne fait pas vraiment dans la finesse. La thèse du meurtre de Kurt Cobain est mise en avant. Le meurtre serait, selon les personnes interrogées, le fruit des manigances de madame, meurtre ou incitation au suicide.
C'est glauque, pas documenté. 


10 janv. 2016

The Revenant (2015) Alejandro Gonzalez Inarritu


Le revenant c'est le spectateur qui est étonné d'être resté sur son siège aussi longtemps.
Hugh Glass (DiCaprio) est un trappeur, attaqué par un ours, laissé pour mort, il luttera pour rester en vie dans un environnement hostile afin de se venger.
C'est long, très long et la beauté des paysages n'y fait rien.