27 déc. 2016

The Barkley Marathons : The Race That Eats Its Young (2014) Annika Iltis, Timothy James Kane


"If you're going to face a real challenge it has to be a real challenge. You can't accomplish anything without the possibility of failure."

Excellent documentaire sur cet ultra-trail réputé par sa difficulté et par la personnalité atypique de ses organisateurs.

25 déc. 2016

Don't Breathe (2016) Fede Alvarez


Des voleurs s'introduisent dans une maison isolée et tombent sur un vétéran très réactif.
Bien fichu même si le film s'évapore sans que rien ne me reste.

15 déc. 2016

Divines (2016) Houda Benyamina


Film assez pénible qui enchaîne les poncifs sociaux des banlieues quand bien même il y aurait volonté sincère de les exprimer. La mise en scène a les mêmes travers, excepté tout ce qui est écrit autour du danseur. Le moment le plus beau étant la confrontation entre Dounia et Djigui sur la scène.

30 nov. 2016

Monty Python and the Holy Grail (1975) Terry Gilliam, Terry Jones


La légende du roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde revisitée par l'esprit loufoque des Monty Python. Quelques passages, quelques blagues ont vieilli mais de nombreux autres conservent toute leur force, toute leur folie créatrice. Ma préférence pour les injures françaises gratuites.

28 nov. 2016

Moonlight (2016) Barry Jenkins


Trois chapitres de la vie d'un homme qui tente de se construire, trois moments, l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte. A chaque fois l'émotion perce grâce à un formidable casting et à un récit agencé avec soin et subtilité. Film exigeant qui laisse la place à la beauté et dit les choses avec un tact appréciable, Moonlight marque les esprits. 

14 nov. 2016

Into the Inferno (2016) Werner Herzog


Herzog au coeur, ou presque, des volcans. Les faits scientifiques, les croyances de certaines tribus, le détournement idéologique nord-coréen du volcan... voici les thèmes abordés par Herzog. Les hommes et les croyances passent, les volcans restent, volcans qui imposent un environnement avec lequel l'homme ne peut lutter, que ce soit celui qui le regarde, celui qui le craint ou celui dont les os sont dispersés dans la poussière. Un autre documentaire, un autre voyage dans le temps et dans l'espace.

13 nov. 2016

Arrival (2016) Denis Villeneuve


Villeneuve signe un superbe film de science-fiction, un film adulte qui prend le parti pris de la réflexion, de l'humanisme, de l'intelligence sans pour autant oublier la beauté.
Vu dans une salle quelques jours après l'élection de Donald Trump, les dialogues faisaient mouche et transmettaient aux spectateurs cette foi en l'humanité, foi d'une urgence palpable dans la salle.

13th (2016) Ava DuVernay


La fin de l'esclavage aux Etats-Unis a laissé toute une économie devant la nécéssité de s'adapter à une nouvelle configuration. Ce documentaire défend la thèse d'une adaptation qui vise, au plus profond des institutions américaines, à conserver cette dichotomie raciale et économique en utilisant la Constitution américaine et je dois dire que ce documentaire m'a bouleversé. La démonstration est d'une efficacité redoutable et l'émotion qui vous envahit est brutale. 

16 oct. 2016

American Honey (2016) Andrea Arnold


Arnold brosse une nouvelle fois le portrait d'une jeune femme, entre adolescence et âge adulte. Star (Sasha Lane) quitte son trou pour joindre un jeune homme (Shia LaBeouf) qui fait parti d'un groupe de jeunes vendant des magazines à travers les Etats Unis. 
Inondé de chansons, le film est assez long, parfois trop. Arnold montre une famille de reconstitution, une meute que l'on ne quitte pas car on y trouve l'amour, la fraternité, la chaleur qui manque. Cette famille n'est pas parfaite mais à ce stade de leur vie c'est la seule que ses membres puissent trouver. Au cours de leurs différents points de chute, un autre portrait est dressé, celui d'une Amérique où la quête idéale d'une famille, d'un groupe est intrinsèque aux individus. Qu'importe la beauté ou la laideur des paysages, des environnements traversés.

God's Pocket (2014) John Slattery


Tiré du roman de l'excellent Pete Dexter, God's Pocket bénéficie d'une distribution solide, le film n'est pas transcendant cependant l'on s'amuse à suivre les péripéties loufoques des personnages, notamment celui qu'interprète Philip Seymour Hoffman.

11 oct. 2016

Salvatore Giuliano (1962) Francesco Rosi


Rosi dresse le portrait de Salvatore Giuliano, le célèbre hors-la-loi italien. Un portrait qui se veut le plus proche possible de la réalité. Le réalisateur tient à nous faire savoir dès le début qu'il a tourné sur les lieux où a vécu, et où est mort, Giuliano. Souci historique également car Rosi prend soin de placer son personnage dans un contexte historique, celui de la volonté d'indépendance de la Sicile après la Deuxième Guerre mondiale.
Volonté historique et presque documentaire et pourtant Rosi semble fasciné par son sujet, fasciné sans pour autant omettre ses méfaits. Giuliano peut ainsi faire l'objet d'un culte et provoquer le dégoût. 
Personnage tragique, violent et populaire, il dégage un charisme morbide. La beauté et la violence, comme une personnification de la Sicile. 

9 oct. 2016

La vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 (2013) Abdellatif Kechiche


Beau film qui dresse le portrait d'Adèle, jeune lycéenne qui va découvrir sa sexualité et l'amour avec Emma, sexualité et amour n'allant pas toujours de pair. Kechiche n'évacue pas la relation charnelle hors du récit, il en fait un sommet qui a une importance capitale. La différence socio-culturelle est un autre aspect que le film aborde mais la passion physique qui unit les deux femmes est admirablement traitée. Seydoux et Exarchopoulos semblent idéalement choisies, idéalement dirigées. Une polémique a surgi après le film, la polémique passe, le film reste et il est, en ce qui me concerne, habité par l'interprétation.

3 oct. 2016

Amanda Knox (2016) Rod Blackhurst, Brian McGinn


Amanda Knox est une étudiante américaine qui vit en Italie, une co-locataire est retrouvée dans sa maison, violée et égorgée...

Le documentaire retrace cette affaire au traitement international. Les portraits du journaliste anglais et de l'inspecteur italien sont brossés avec soin mais l'ensemble a un goût d'inachevé tant les détails techniques du procès sont laissés presque à l'abandon. 

24 sept. 2016

Promised Land (2012) Gus Van Sant


C'est pratiquement du Capra, la veine classique de Gus Van Sant, loin des films que je lui préfère, de Gerry, Last Days, Elephant... Reste que tout opère doucement, sans surprise mais sans faute grave.

I'm Still Here (2010) Casey Affleck


Faux documentaire , le film dit quelque chose de la solitude pathétique d'un acteur, de son entourage nocif, du manque de réalité au sens premier du terme, de la fascination médiatique du vide. Une vie creuse, des désirs vains. Rien de glamour, rien sous le soleil hollywoodien. La télé réalité occupe cet espace et l'on reste sidéré de savoir que l'on peut focaliser toute son attention sur rien, ni personne. Le film part de ce principe, un projet insensé que l'on suit avec une avidité totale ou comment filmer le néant. 

Les amants (1958) Louis Malle


Vie bourgeoise, l'ennui... Exister alors devient capital et l'indifférence détourne du chemin marital. Louis Malle filme un vaudeville littéraire cependant sensuel où une femme, interprétée délicieusement et charnellement par Jeanne Moreau, cherche à vivre, à respirer, à être un corps et pas seulement une figure. La tentative est belle mais rien ne m'accroche dans cette liaison finale. C'est trop écrit, trop improbable. 

Emilio D'Alessandro, Filippo Ulivieri, "Stanley Kubrick and me", 2016



"I had the chance to see how many famous people are spoiled by money and luxury, and it's not unusual for them to become arrogant and rude, too. Stanley was one of the few celebrities who were still in touch with the real world."

Emilio D'alessandro a d'abord été le chauffeur de Kubrick. Il est devenu assez rapidement bien plus que cela, son assistant personnel, son homme de confiance, son factotum.
Emilio nous permet de pénétrer dans le quotidien le plus banal et si l'on aime Kubrick c'est une chance extraordinaire.

Emilio D'Alessandro, c'est l'équivalent de Céleste Albert pour Marcel Proust. Ces petits riens qui font beaucoup pour qu'une oeuvre puisse se développer comme un torrent.

19 sept. 2016

So-won / Wish / Hope (2013) Joon-ik Lee


Le sujet est dramatique : une jeune écolière se fait violer par un marginal sur le chemin de l'école. 
Joon-ik Lee n'évite pas les scènes à violons, a recours à des ralentis assez coupables mais reconnaissons qu'à de nombreuses reprises il réussit à toucher juste, à dire quelque chose sur les liens familiaux, sur la difficulté de l'unité familiale, sur le traumatisme et la manière de le surpasser. 

14 sept. 2016

Into the Abyss (2011) Werner Herzog


Même avec un sujet glauque Herzog parvient à montrer, n'est-ce pas là la raison d'être du documentaire ?, la part d'humanité contenue en chacun de nous sans oblitérer ce qui peut repousser, faire horreur. Seulement avec ce sujet, la peine de mort, ce qu'elle signifie, ce qu'elle veut die, Herzog va plus loin. Il s'implique, prend parti. Ce qui n'empêche pas la pudeur, la distance respectueuse.
La famille est centrale, des deux côtés, les victimes, les coupables. Les mêmes valeurs les réunissent alors qu'ils ne peuvent se rejoindre, une tragédie les sépare. Herzog nous invite à les regarder autrement.

5 sept. 2016

Exit Through the Gift Shop (2010) Banksy


Vrai-faux documentaire, difficile de le savoir cependant Exit Through the Gift Shop offre une remarquable entrée sur le street art, son développement, sa récupération. Plus encore, ce documentaire (la catégorie semble étroite) distille une subversivité joyeuse et stimulante. Brillant, drôle, intelligent, parfois consternant, Banksy épate et crée un objet des plus réjouissants. 

3 sept. 2016

Khãneh duos kojãst ? / Où est la maison de mon ami ? (1987) Abbas Kiarostami



Kiarostami ou l'art de faire simple mais profond. Un jeune garçon prend le cahier d'un camarade par inadvertance. Il veut absolument le lui rendre car l'instituteur l'a déjà réprimandé et la punition risque d'être de taille. Pris par la responsabilité et en dépit de l'interdiction de sa mère, le jeune Ahmad décide de se rendre dans le village voisin afin de trouver la maison de son ami.

L'ami, dans la fiction, ne l'est pas vraiment, pas au moment de la prise de conscience du cahier accaparé. Il faudra attendre la fin pour voir, peut-être, naître cette relation dans le geste offert. Entre temps ce sont les efforts du jeune Ahmad, la poursuite de sa quête dans cet géographie nord-iranienne, parmi les adultes, pas forcément accommodants, qui forcent l'admiration. Kiarostami habille cette quête des voiles de la mythologie, du conte, de la fable. Le meilleur moment étant le bout de chemin effectué avec le vieil artisan, le sublime n'est pas loin. 
Une oeuvre pure et captivante.

Woody Allen : A Documentary (2012) Robert B. Weide


Rien de particulièrement marquant dans ce long documentaire si ce n'est que l'on voit Allen évoquer le processus de création. Les habituels extraits et commentaires des collaborateurs, familiers y figurent en bonne place. 

2 sept. 2016

World Trade Center (2006) Oliver Stone


Oliver Stone est un cinéaste qui ne cesse de dialoguer dans son oeuvre avec l'Amérique, l'aimant par-dessus tout mais ne lui passant rien. Rien d'étonnant de le voir signer le premier film de fiction après le drame. Un film, si l'on excepte l'épilogue, plutôt en retenue. Nous sommes loin du film-catastrophe pétaradant, l'émotion prime et le score reste discret, voir la scène où Mclaughlin voit la lumière de jour. Voir également l'angle scénaristique choisi pour aborder cet événement funèbre. Pas de bruit, pas de fureur, l'évocation l'emporte et c'est la petite histoire qui est au premier rang, celle de la famille américaine, celle de la communauté au sens large. Stone célèbre l'entre-aide, les ressources humaines, les valeurs, le ciment d'une nation.

29 août 2016

The Hunter / Le chasseur (2011) Daniel Nettheim


Deux bonnes raisons pour aller jeter un oeil sur ce film : Willem Dafoe et la beauté des paysages de Tasmanie. Dafoe interprète un chasseur solitaire, spécialiste de la survie et du maniement des armes, qui doit retrouver un Thylacine. L'espèce a disparue depuis 1936 mais certains locaux en ont rapporté la présence.

Le récit prend son temps, ce qui est un gage de qualité. Le scénario est prévisible mais la distribution (Sam Neill, Frances O' Connor ajoutent au plaisir) est impeccable. Pas un chef d'oeuvre mais un objet suffisamment soigné pour retenir notre attention.

18 août 2016

The Harvest (2013) John McNaughton


Naviguant au hasard sur Netflix je tombe sur ce film, McNaughton n'est pas un inconnu, c'est parti.
D'abord l'agréable surprise de revoir Michael Shannon. A-t-il déjà interprété un personnage bien dans sa peau ? Puis la silhouette imposante et familière de Peter Fonda. 
Les deux principaux personnages sont des enfants, Natasha Calis et Charlie Tahan font le job à merveille. L'une est orpheline et vient vivre avec ses grands-parents, l'autre a un traitement lourd à domicile appliqué par ses parents. 
Le récit commence comme un film dossier, le deuil et le handicap traités via le regard des enfants et puis le film prend une orientation différente, entre thriller et film d'horreur. Une belle surprise, interprétation solide et réalisation efficace.

17 août 2016

Demolition (2015) Jean-Marc Vallée


Je suppose que j'ai pris le mauvais chemin, pas du tout dans le film. Toutes les émotions véhiculées par les acteurs ont glissé sur moi. Je me demandais comment faisaient-ils pour simuler la joie, la tristesse. Je suivais le récit en n'y croyant pas une seconde. Comme si l'on me dictait les émotions que je devais ressentir. Platitude. L'impression de voir un cinéaste essayer, essayer, essayer...
J'avais même de la gêne pour les acteurs. 

Général Idi Amin Dada (1974) Barbet Schroeder


Ouganda, territoire du dictateur Idi Amin Dada. On ne voit que lui, ses pensées, ses conseils, ses commentaires. L'homme est creux et l'on peine à terminer le documentaire. Il suffit. Ou, finalement, comment sentir l'omniprésence étouffante du vide et du danger qui va avec. C'est certainement cela, vivre sous le règne d'un dictateur : éprouver le vertige de l'impasse, de la bêtise, de la mort.

15 août 2016

Beat the Devil (1953) John Huston


"Tell me more about Rita Hayworth"

Le scénario n'a guère d'intérêt, l'uranium que les personnages recherchent n'est qu'un prétexte à une comédie loufoque sise sous le soleil amalfitano. Bogart, Jennifer Jones et Gina Lollobrigida sont de la partie mais nos regards se penchent vers les outsiders : Peter Lorre, Robert Morley, Ivor Barnard ou encore Marco Tulli. 
William Styron a écrit un roman à propos de ce tournage cauchemardesque (Bogart a un accident de voiture, Huston chute d'une falaise et en réchappe par miracle...), "Set This House on Fire". Sur ma liste.

Crazeologie (1954) Louis Malle


Court-métrage d'études, Louis Malle est à l'IDHEC, Crazeologie est assez anecdotique. C'est un "essai de rendu cinématographique de l'absurde théâtral et littéraire" qui réussit son objectif. Très potache le film peut se voir sur YouTube. C'est également un hommage à Charlie Parker.

14 août 2016

Ascenseur pour l'échafaud (1958) Louis Malle


C'est surtout la musique de Miles Davis qui est restée, j'avais vu le film il y a longtemps sans vraiment en avoir retenu autre chose. J'avais tort. L'amour qui lie Florence (Jeanne Moreau) et Julien (Maurice Ronet) est d'une intensité telle que le reste n'existe pas. Il faut pourtant composer avec la réalité, avec les choses. L'on sent un frémissement autour des personnages, l'époque dans laquelle ils vivent. La modernité transforme le quotidien, la société de consommation, ceux qui en profitent et qui se délectent de ses avantages, ceux qui la regarde passer comme les vaches les trains. Florence et Julien sont ailleurs, dans le désir, l'urgence de se retrouver et, par le biais du scénario, dans l'absence. Miles Davis glisse ses notes profondes et nous voyons, avec plaisir, Jeanne Moreau errer dans la nuit parisienne.

17 juin 2016

Straight Outta Compton (2015) F. Gary Gray


Film intéressant qui relate l'émergence d'un mouvement musical dans un contexte social particulier. Comme les stars du rock' n' roll les rappeurs veulent pour certains brûler leur jeunesse, profiter de la vie, se vautrer dans la concupiscence, pour d'autres c'est davantage explorer un nouveau courant musical ou plus simplement encore s'exprimer dans un langage qui leur est propre. Le film ne cache rien des excès des premiers et des aventures artistiques des seconds.

4 juin 2016

The Lobster (2015) Yorgos Lanthimos


Un hôtel dans un univers dystopique, les "patients" sont sommés de rencontrer leur alter ego en quarante-cinq jours sous peine d'être transformés en animal choisi au préalable.
C'est drôle, surprenant, parfois un peu long mais le film vaut vraiment la peine d'être vu. Farrell est excellent et les extérieurs sont admirablement bien filmés. On pense fortement à Orwell, Orwell qui aurait un peu bu par désespoir.

A Bigger Splash (2015) Luca Guadagnino


Partant du scénario original de "La piscine", écrit par Alain page et développé par Jean-Claude Carrière, David Kajganich a modifié quelques éléments. Il a conservé l'idée du huis-clos aquatique mais a donné un passé et une identité plus nette aux personnages. J'avais peu envie de voir un remake mais la surprise a été fort agréable. Guadagnino signe un film séduisant et hypnotique. Les acteurs, Ralph Fiennes en tête, sont remarquables et l'on suit le film avec un vif appétit. Inscrire le film dans le show-biz et l'aérer avec des paysages insulaires vénéneux donnent une épaisseur inattendue à ce remake qui s'écarte de l'original avec intelligence tout en lui rendant hommage. 
Les problèmes domestiques de ces personnages aisés se télescopent sensiblement avec ceux des réfugiés lointains débarquant sur les rivages européens et s'évanouissent sous un nappage absurde et glauque. 

Ennemis intérieurs (2016) Sélim Azazi


Un homme fait une demande de nationalisation française, il a toujours vécu en France mais doit subir un entretien. Le climat devient vite pesant et la tension s'installe à force de questions insidieuses, de sous-entendus lourds de conséquence.

Un court-métrage réussi, servi par une belle prestation d'acteurs, un huis-clos efficace et captivant.

13 mai 2016

Au revoir les enfants (1987) Louis Malle


Je n'ai jamais véritablement aimé ce film, non pas que je le tienne en horreur mais il ne me touchait guère. Je l'ai vu plusieurs fois. Je n'y voyais qu'une palette insipide, pleine de bons sentiments, rien qui ne ressemble à la guerre sale, violente, brutale.

Puis je l'ai vu avec des collégiens et nous en avons discuté.

J'ai alors pris conscience que c'était là le véhicule idéal pour montrer ce que la guerre avait de plus réel, c'est-à-dire la disparition soudaine, violente, brutale et insensée de ceux que l'on aime.
Car les collégiens s'attachent à la chronique douce-amère de l'enfance, de l'internat et lorsque la dénonciation surgit, lorsque l'amitié qui attendait tant de se déployer se voit amputée des moments dont elle a besoin pour s'épanouir, alors la guerre devient réelle.

9 avr. 2016

Uncommon Valor / Retour vers l'enfer (1983) Ted Kotcheff


Un colonel (Gene Hackman) part en mission secrète au Laos avec les anciens potes de régiments de son fils porté disparu lors de la guerre du Vietnam.

Le scénario passe par toutes les étapes attendues, les négociations politiques pour rapatrier les prisonniers qui échouent, les visites aux anciens membres de l'équipe, l'entraînement et l'opération finale. C'est sans surprise, souvent mou et le score de James Horner est insupportable.
Restent les acteurs, quelques répliques cinglantes (écrites par Milius ?) et un discours agressif qui concerne les élus laxistes refusant de s'impliquer pour quelques soldats d'une guerre perdue.

6 avr. 2016

The Witch (2015) Robert Eggers


Sorcellerie dans les bois.

Superbe lumière, belle production mais ça ne fait pas peur, pas de tension non plus. Quel dommage, j'avais bien aimé la bande annonce et je pensais tenir un beau film d'épouvante. 
Reste l'univers puritain aliénant qui transformerait n'importe qui en démon. La démonstration est faite, parfois un peu lourde.

The Man Whose Mind Exploded (2012) Toby Amies


Tony est gay. Plusieurs accidents l'ont handicapé, ainsi il n'a plus de mémoire, il vit totalement dans le présent. Ses proches lui rendent visite, s'occupent de lui...

Toby vit dans un petit appartement, c'est un excentrique qui vit sa vie comme il l'entend, loin des contingences matérielles. Des notes, cartes postales, images pendent de son plafond, sont accrochées aux murs, s'entassent dans les moindres recoins. Ses amis, sa famille s'inquiètent car parfois il disparaît mais lui n'en a cure. Il vit dans une sérénité, une paix intérieure que rien ne peut réellement perturber.

C'est un être adorable que l'on ne peut comprendre. Sa manière de vivre dans le monde est pure et force l'admiration.
Ce documentaire est émouvant car il rend compte de la qualité de ce personnage, il rend compte également de l'impossibilité à le comprendre, à l'atteindre dans ce détachement absolu. 

5 avr. 2016

Simon Killer (2012) Antonio Campos


Simon vient de finir ses études, il est américain et sa petite amie l'a quitté. Il se ressource à Paris et tente de se reconstruire.

Campos choisit de prendre son temps et de suivre son personnage. Le traitement du son, de l'image colle à la psychologie de Simon, des cuts brutaux, des perturbations, des cadres qui laissent les personnes hors-champ... Le film est captivant et la véritable nature de Simon se révèle progressivement. Son malaise est presque palpable.






3 avr. 2016

Rubber (2010) Quentin Dupieux


Rubber est drôle et original, entre l'humour étrange de Lynch et road caoutchouc movie façon Romero avec, en plus, une mise en abîme amusante. J'imagine que le film peut déconcerter mais j'y ai trouvé un véritable amour des cadrages et du désert californien.

Encounters at the End of the World (2007) Werner Herzog


McMurdo, Antarctique. Werner Herzog part poser sa caméra aux limites Sud du monde et interroge la beauté devant lui. Mais pas seulement, il donne la parole aux scientifiques qui y travaillent, au conducteur de bus, au chauffeur d'engins, aux hommes qui viennent se perdre en ces lieux pour trouver quelque chose de différent, s'éloigner des autres également. 

Batman v Superman : Dawn of Justice (2016) Zack Snyder


Non, vraiment, je n'aurais pas dû y aller. Que Batman et Superman ne soient pas d'accord et s'envoient des pains à détruire le béton autour d'eux ne m'intéresse pas, pas plus que le monstre visqueux sans sexe qui vient les divertir. Je ne connais rien à l'univers BD dont sont issus ces personnages et les deux acteurs choisis pour les incarner serrent les mâchoires pour affirmer leur colère, leurs démons et m'empêchent d'éprouver un quelconque intérêt. Les longues séquences de combat me donnent l'impression d'être devant un écran de jeu video mais, encore une fois, je ne connais pas cet univers, celui des jeux video.
Je devrais simplement m'abstenir.

True Story (2015) Rupert Goold


Un journaliste viré du New York Times pour avoir été peu regardant sur ses articles rencontre un assassin qui a pris son identité. Les nombreuses rencontres entre les deux hommes deviennent de plus en plus troublantes.

C'est donc une histoire vraie. Ce qui est vrai c'est que les acteurs principaux, James Franco et Jonah Hill, ne brillent pas pas leur interprétation. Aucune aura chez Franco et nous avons du mal à croire en les qualités intellectuelles de Hill, du coup le film ne décolle pas et l'on s'ennuie ferme. Le clin d'oeil final est d'un ridicule...

Black Mass (2015) Scott Cooper


Les oeuvres de James Bulger, un mafieux protégé par le FBI. C'est peu captivant et ce qui m'intéresse davantage n'est pas montré, sa cavale. Tant pis.

Killing Them Softly (2012) Andrew Dominik


Polar plutôt plaisant, qui vaut surtout par une belle distribution même si Brad Pitt ne trouve pas la bonne tonalité, je ne le trouve pas convaincant. Ses répliques sont cinglantes, elle me font parfois penser à Denis Hopper dans Blue Velvet mais rien ne dérange dans ce que Pitt dégage. Le charabia politique qui surcharge le film et quelques effets visuels inutiles sont de trop. Dommage, l'impression de passer devant quelque chose qui aurait pu être plus simple et plus solide.

Jagal / The Act of Killing (2012) Joshua Oppenheimer


Des centaines de milliers de communistes ou sympathisants communistes sont morts en Indonésie en 1965-66, assassinés par des milices paramilitaires d'extrême-droite. Le réalisateur donne la parole aux bourreaux et, plus encore, leur permet de rejouer les scènes dans des mises en scène de leur choix.

D'abord extrêmement dérangeant le film devient fascinant, la culpabilité arrive par la fiction, par le jeu d'acteur, où le bourreau se met à la place de la victime. Ce qui devient impossible pour certains, l'empathie, devient accessible à d'autres. 
J'ai vu le film dans sa version longue et je reste stupéfait devant ce qui se joue devant la caméra, les paroles désinhibées de brutes épaisses et la lente descente aux enfers de certains des bourreaux, hantés par leurs crimes. Ce documentaire ne ressemble à aucun autre.

23 mars 2016

10 Cloverfield Lane (2016) Dan Trachtenberg


Michelle (Mary Elizabeth Winstead) vient de quitter son petit ami. Alors qu'elle est en voiture, elle se fait percuter et perd connaissance. Elle se réveille dans un cave, menottée à la tuyauterie et son "protecteur" (John Goodman) lui dit qu'une attaque chimique a frappé le pays mais qu'elle est en sécurité avec lui. 

Bon huis-clos psychologique qui termine en envolée science-fictionnelle. Si l'on met de côté les ressources épiques du personnage, le scénario déroule avec efficacité son fil narratif et l'on ne s'ennuie guère.
Produit par Matt Reeves, le film pourrait se passer à la même époque diégétique que Cloverfield.

22 mars 2016

The Countess (2009) Julie Delpy


Une comtesse hongroise du XVIIe siècle a le désir fou de reste jeune en dépit de tous les obstacles. Film passionnant, entre biographie historique et film d'horreur, le récit de Delpy parvient à s'insinuer entre le gore et la condition féminine et son désespoir. Le pouvoir est un autre thème agrémenté d'un discours sur ce que peut provoquer l'amour fou, le narcissisme. Des plans bien composés ajoutent encore au charme de cet objet vénéneux. 

Citizenfour (2014) Laura Poitras


Edward Snowden. L'ingénieur système qui a révélé au monde entier ce que la NSA, agence américaine, réalisait au jour le jour avec l'aide d'autres agences internationales : surveiller l'ensemble des données transitant via le numérique. Enregistrons tout et cherchons ensuite, c'est plus simple.
Le documentaire relate la période qui précède les révélations de Snowden, révélations légitimes qui montrent qu'il n'y a plus de vie privée ou, en tout cas, que celle-ci est stockée et utilisable à tout moment. 
Les avancées technologiques permettent cet usage et nous voici vulnérables. Entre ceux qui pensent que nous n'avons rien à cacher, ceux qui pensent que la traque des terroristes entérinent ces méthodes, ceux qui crient à l'invasion de la sphère privée... le débat et vif et les questions restent ouvertes. Le désir de sécurité et la volonté d'être libre se rencontrent en ces points précis.

J'ai visité une installation de Laura Poitras, au Whitney Museum de New York, ce mois-ci. Je regardais un écran géant montrant des visages qui regardaient les tours du World Trade Center en flammes, visages au ralenti, l'horreur en hors-champ mais dans nos esprits. Ce même écran, au milieu d'une salle diffusait sur son revers les interrogatoires de prisonniers dans des cellules secrètes. 
Puis, plus loin, des ouvertures horizontales, offraient à nos regards d'autres éléments, regards espions, scrutant l'information. 
Ensuite une salle noire, nous nous allongeons, le plafond dévoile des cieux venus de plusieurs endroits de la planète. Quelques mètres plus tard, un autre écran nous apprend qu'une caméra infra rouge nous filme à notre insu, un écran supplémentaire empile les données de nos portables.
Malaise, nous sommes à nu, au centre des regards, au coeur du système panoptique.

C'est le sujet du film. C'est la vie qu'on mène.

L'enlèvement de Michel Houellebecq (2014) Guillaume Nicloux


Houellebecq joue son propre rôle, celui d'un écrivain qui est enlevé pour obtenir une rançon. Pourquoi pas ? Il est célèbre.
Commence alors une relation étrange où ses ravisseurs, des gens simples, loins des villes, de l'ébullition médiatique, vont faire connaissance, vont vouloir raconter leurs vies à l'écrivain qui, peu à peu, va s'y intéresser.
La frontière est poreuse entre le rôle et la personne, qui est, par ailleurs, un personnage.
Un personnage touchant, émouvant, drôle.
On rit beaucoup devant ces aventures du rien, on s'émeut parfois. On en voudrait encore.