23 mars 2016

10 Cloverfield Lane (2016) Dan Trachtenberg


Michelle (Mary Elizabeth Winstead) vient de quitter son petit ami. Alors qu'elle est en voiture, elle se fait percuter et perd connaissance. Elle se réveille dans un cave, menottée à la tuyauterie et son "protecteur" (John Goodman) lui dit qu'une attaque chimique a frappé le pays mais qu'elle est en sécurité avec lui. 

Bon huis-clos psychologique qui termine en envolée science-fictionnelle. Si l'on met de côté les ressources épiques du personnage, le scénario déroule avec efficacité son fil narratif et l'on ne s'ennuie guère.
Produit par Matt Reeves, le film pourrait se passer à la même époque diégétique que Cloverfield.

22 mars 2016

The Countess (2009) Julie Delpy


Une comtesse hongroise du XVIIe siècle a le désir fou de reste jeune en dépit de tous les obstacles. Film passionnant, entre biographie historique et film d'horreur, le récit de Delpy parvient à s'insinuer entre le gore et la condition féminine et son désespoir. Le pouvoir est un autre thème agrémenté d'un discours sur ce que peut provoquer l'amour fou, le narcissisme. Des plans bien composés ajoutent encore au charme de cet objet vénéneux. 

Citizenfour (2014) Laura Poitras


Edward Snowden. L'ingénieur système qui a révélé au monde entier ce que la NSA, agence américaine, réalisait au jour le jour avec l'aide d'autres agences internationales : surveiller l'ensemble des données transitant via le numérique. Enregistrons tout et cherchons ensuite, c'est plus simple.
Le documentaire relate la période qui précède les révélations de Snowden, révélations légitimes qui montrent qu'il n'y a plus de vie privée ou, en tout cas, que celle-ci est stockée et utilisable à tout moment. 
Les avancées technologiques permettent cet usage et nous voici vulnérables. Entre ceux qui pensent que nous n'avons rien à cacher, ceux qui pensent que la traque des terroristes entérinent ces méthodes, ceux qui crient à l'invasion de la sphère privée... le débat et vif et les questions restent ouvertes. Le désir de sécurité et la volonté d'être libre se rencontrent en ces points précis.

J'ai visité une installation de Laura Poitras, au Whitney Museum de New York, ce mois-ci. Je regardais un écran géant montrant des visages qui regardaient les tours du World Trade Center en flammes, visages au ralenti, l'horreur en hors-champ mais dans nos esprits. Ce même écran, au milieu d'une salle diffusait sur son revers les interrogatoires de prisonniers dans des cellules secrètes. 
Puis, plus loin, des ouvertures horizontales, offraient à nos regards d'autres éléments, regards espions, scrutant l'information. 
Ensuite une salle noire, nous nous allongeons, le plafond dévoile des cieux venus de plusieurs endroits de la planète. Quelques mètres plus tard, un autre écran nous apprend qu'une caméra infra rouge nous filme à notre insu, un écran supplémentaire empile les données de nos portables.
Malaise, nous sommes à nu, au centre des regards, au coeur du système panoptique.

C'est le sujet du film. C'est la vie qu'on mène.

7 mars 2016

Los Angeles Plays Itself (2003) Thom Andersen


Thom Andersen aime sa ville, Los Angeles. Il a un goût prononcé pour l'architecture et lorsqu'il regarde la manière dont cette ville est perçue au cinéma, il n'est pas satisfait.

Ce documentaire de trois heures donne à voir de nombreux extraits de films qui tous ont un point commun : ils se servent de Los Angeles, mettent la ville en arrière-plan ou au premier plan.
Andersen développe son point de vue, en voix-off, et montre comment et pourquoi les studios agissent de cette manière, comment ils maltraitent la ville, son espace, sa géographie. En contrepoint Andersen montre aussi de quelle façon elle peut être traitée honnêtement, avec respect.

La démonstration est passionnante et l'on peut ne pas être d'accord, voir par exemple le traitement que Welles réserve à l'espace, à la réalité géographique mais il faut reconnaître que Andersen touche souvent juste. De plus il aime le cinéma, ce qui n'enlève rien à son argumentation.

6 mars 2016

Happy People : A Year in the Taiga (2010) Werner Herzog, Dmitry Vasyukov


Werner Herzog a passé un an dans la Taiga (ou a tourné le documentaire en quatre fois, collant aux quatre saisons) avec les habitants de Bakhtia, en particulier les trappeurs. Ce qui est remarquable dans ce documentaire c'est la volonté de rapporter la réalité sans la transcender, la déformer par des trames de récit recherchant le spectaculaire. La simplicité et la vérité sont les points cardinaux suivis par Herzog, avec un soupçon de didactisme, ce qui ne nuit pas à l'ouvrage. Essentiel pour qui veut comprendre ce que la vie sauvage signifie.

5 mars 2016

Punch-Drunk Love (2002) Paul Thomas Anderson


Comédie originale, Adam Sandler interprète un petit patron d'entreprise très névrosé, quasi autiste qui va tomber amoureux de l'amie d'une de ses soeurs (Emily Watson).

C'est bien réalisé, beaux plans, beau découpage mais l'ensemble reste glacé, sans émotion. Du coup, une frustration subsiste.