22 mars 2016

Citizenfour (2014) Laura Poitras


Edward Snowden. L'ingénieur système qui a révélé au monde entier ce que la NSA, agence américaine, réalisait au jour le jour avec l'aide d'autres agences internationales : surveiller l'ensemble des données transitant via le numérique. Enregistrons tout et cherchons ensuite, c'est plus simple.
Le documentaire relate la période qui précède les révélations de Snowden, révélations légitimes qui montrent qu'il n'y a plus de vie privée ou, en tout cas, que celle-ci est stockée et utilisable à tout moment. 
Les avancées technologiques permettent cet usage et nous voici vulnérables. Entre ceux qui pensent que nous n'avons rien à cacher, ceux qui pensent que la traque des terroristes entérinent ces méthodes, ceux qui crient à l'invasion de la sphère privée... le débat et vif et les questions restent ouvertes. Le désir de sécurité et la volonté d'être libre se rencontrent en ces points précis.

J'ai visité une installation de Laura Poitras, au Whitney Museum de New York, ce mois-ci. Je regardais un écran géant montrant des visages qui regardaient les tours du World Trade Center en flammes, visages au ralenti, l'horreur en hors-champ mais dans nos esprits. Ce même écran, au milieu d'une salle diffusait sur son revers les interrogatoires de prisonniers dans des cellules secrètes. 
Puis, plus loin, des ouvertures horizontales, offraient à nos regards d'autres éléments, regards espions, scrutant l'information. 
Ensuite une salle noire, nous nous allongeons, le plafond dévoile des cieux venus de plusieurs endroits de la planète. Quelques mètres plus tard, un autre écran nous apprend qu'une caméra infra rouge nous filme à notre insu, un écran supplémentaire empile les données de nos portables.
Malaise, nous sommes à nu, au centre des regards, au coeur du système panoptique.

C'est le sujet du film. C'est la vie qu'on mène.

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