24 sept. 2016

Promised Land (2012) Gus Van Sant


C'est pratiquement du Capra, la veine classique de Gus Van Sant, loin des films que je lui préfère, de Gerry, Last Days, Elephant... Reste que tout opère doucement, sans surprise mais sans faute grave.

I'm Still Here (2010) Casey Affleck


Faux documentaire , le film dit quelque chose de la solitude pathétique d'un acteur, de son entourage nocif, du manque de réalité au sens premier du terme, de la fascination médiatique du vide. Une vie creuse, des désirs vains. Rien de glamour, rien sous le soleil hollywoodien. La télé réalité occupe cet espace et l'on reste sidéré de savoir que l'on peut focaliser toute son attention sur rien, ni personne. Le film part de ce principe, un projet insensé que l'on suit avec une avidité totale ou comment filmer le néant. 

Les amants (1958) Louis Malle


Vie bourgeoise, l'ennui... Exister alors devient capital et l'indifférence détourne du chemin marital. Louis Malle filme un vaudeville littéraire cependant sensuel où une femme, interprétée délicieusement et charnellement par Jeanne Moreau, cherche à vivre, à respirer, à être un corps et pas seulement une figure. La tentative est belle mais rien ne m'accroche dans cette liaison finale. C'est trop écrit, trop improbable. 

Emilio D'Alessandro, Filippo Ulivieri, "Stanley Kubrick and me", 2016



"I had the chance to see how many famous people are spoiled by money and luxury, and it's not unusual for them to become arrogant and rude, too. Stanley was one of the few celebrities who were still in touch with the real world."

Emilio D'alessandro a d'abord été le chauffeur de Kubrick. Il est devenu assez rapidement bien plus que cela, son assistant personnel, son homme de confiance, son factotum.
Emilio nous permet de pénétrer dans le quotidien le plus banal et si l'on aime Kubrick c'est une chance extraordinaire.

Emilio D'Alessandro, c'est l'équivalent de Céleste Albert pour Marcel Proust. Ces petits riens qui font beaucoup pour qu'une oeuvre puisse se développer comme un torrent.

19 sept. 2016

So-won / Wish / Hope (2013) Joon-ik Lee


Le sujet est dramatique : une jeune écolière se fait violer par un marginal sur le chemin de l'école. 
Joon-ik Lee n'évite pas les scènes à violons, a recours à des ralentis assez coupables mais reconnaissons qu'à de nombreuses reprises il réussit à toucher juste, à dire quelque chose sur les liens familiaux, sur la difficulté de l'unité familiale, sur le traumatisme et la manière de le surpasser. 

14 sept. 2016

Into the Abyss (2011) Werner Herzog


Même avec un sujet glauque Herzog parvient à montrer, n'est-ce pas là la raison d'être du documentaire ?, la part d'humanité contenue en chacun de nous sans oblitérer ce qui peut repousser, faire horreur. Seulement avec ce sujet, la peine de mort, ce qu'elle signifie, ce qu'elle veut die, Herzog va plus loin. Il s'implique, prend parti. Ce qui n'empêche pas la pudeur, la distance respectueuse.
La famille est centrale, des deux côtés, les victimes, les coupables. Les mêmes valeurs les réunissent alors qu'ils ne peuvent se rejoindre, une tragédie les sépare. Herzog nous invite à les regarder autrement.

5 sept. 2016

Exit Through the Gift Shop (2010) Banksy


Vrai-faux documentaire, difficile de le savoir cependant Exit Through the Gift Shop offre une remarquable entrée sur le street art, son développement, sa récupération. Plus encore, ce documentaire (la catégorie semble étroite) distille une subversivité joyeuse et stimulante. Brillant, drôle, intelligent, parfois consternant, Banksy épate et crée un objet des plus réjouissants. 

3 sept. 2016

Khãneh duos kojãst ? / Où est la maison de mon ami ? (1987) Abbas Kiarostami



Kiarostami ou l'art de faire simple mais profond. Un jeune garçon prend le cahier d'un camarade par inadvertance. Il veut absolument le lui rendre car l'instituteur l'a déjà réprimandé et la punition risque d'être de taille. Pris par la responsabilité et en dépit de l'interdiction de sa mère, le jeune Ahmad décide de se rendre dans le village voisin afin de trouver la maison de son ami.

L'ami, dans la fiction, ne l'est pas vraiment, pas au moment de la prise de conscience du cahier accaparé. Il faudra attendre la fin pour voir, peut-être, naître cette relation dans le geste offert. Entre temps ce sont les efforts du jeune Ahmad, la poursuite de sa quête dans cet géographie nord-iranienne, parmi les adultes, pas forcément accommodants, qui forcent l'admiration. Kiarostami habille cette quête des voiles de la mythologie, du conte, de la fable. Le meilleur moment étant le bout de chemin effectué avec le vieil artisan, le sublime n'est pas loin. 
Une oeuvre pure et captivante.

Woody Allen : A Documentary (2012) Robert B. Weide


Rien de particulièrement marquant dans ce long documentaire si ce n'est que l'on voit Allen évoquer le processus de création. Les habituels extraits et commentaires des collaborateurs, familiers y figurent en bonne place. 

2 sept. 2016

World Trade Center (2006) Oliver Stone


Oliver Stone est un cinéaste qui ne cesse de dialoguer dans son oeuvre avec l'Amérique, l'aimant par-dessus tout mais ne lui passant rien. Rien d'étonnant de le voir signer le premier film de fiction après le drame. Un film, si l'on excepte l'épilogue, plutôt en retenue. Nous sommes loin du film-catastrophe pétaradant, l'émotion prime et le score reste discret, voir la scène où Mclaughlin voit la lumière de jour. Voir également l'angle scénaristique choisi pour aborder cet événement funèbre. Pas de bruit, pas de fureur, l'évocation l'emporte et c'est la petite histoire qui est au premier rang, celle de la famille américaine, celle de la communauté au sens large. Stone célèbre l'entre-aide, les ressources humaines, les valeurs, le ciment d'une nation.