11 sept. 2017

Cowspiracy : The Sustainability Secret (2014) Kip Andersen & Keegan Kuhn


Economiser l'eau, prendre des douches, courtes de préférence, ne pas faire couler l'eau lors du brossage de dents... Toutes ces précautions, bienvenues, ne serviraient à rien face au problème de la consommation de viande.
Les réalisateurs démontrent que l'élevage animal requiert une quantité d'eau phénoménale. Or les principales ONG ne communiquent absolument pas sur le sujet. Cela serait le fait d'un lobby dominant et d'enjeux économiques conséquents. 

La solution : manger drastiquement moins de viande, voire plus du tout.

L'exercice est convaincant. 

9 août 2017

Get Out (2017) Jordan Peele


Jordan Peele a écrit et réalisé un film d'horreur parfaitement cohérent, original et ambitieux. Excellent divertissement répondant aux critères du genre, le film s'offre le luxe de développer une réflexion sur la condition de la communauté afro-américaine aux USA et ce, sans lourdeur. Extrêmement recommandable.

3 août 2017

10 Rillington Place / L'étrangleur de Rillington Place (1971) Richard Fleischer


Inspiré d'une histoire vraie, le film constitue un plaidoyer glaçant contre la peine de mort, servi par des acteurs remarquables, John Hurt et Richard Attenborough. Fleischer a tourné en Angleterre et a donné à l'ensemble une atmosphère particulière où les bonnes manières, le tact anglais côtoient l'horreur brutale la plus sordide. Le ton affecté que donne Attenborough à son personnage est mémorable.

1 août 2017

The Apostle / Le prédicateur (1997) Robert Duvall


Robert Duvall a écrit ce film et a mis de sa poche pour le tourner. C'est l'histoire d'un prêcheur texan assez violent avec sa femme. Celle-ci se sépare de lui et son église décide de se passer de ses services. Il ne peut le supporter et agresse violemment le nouveau compagnon de son ex. Après avoir détruit tous ses documents d'identité, il prend la route et décide d'attendre un message de Dieu.

En dépit du caractère violent du personnage, l'on se prend d'affection pour ce chemin vers la rédemption qu'il accomplit. Duvall lui apporte beaucoup d'humanité et même si la religion n'est pas mon fort, on ne peut que reconnaître les effets positifs du personnage. Une belle découverte.

31 juil. 2017

Dunkirk / Dunkerque (2017) Christopher Nolan


Nolan se frotte au film de guerre en choisissant un épisode la seconde Guerre Mondiale : Dunkerque. Les troupes françaises et anglaises sont cernées par les allemands et attendent d'être évacuées. 
J'aime beaucoup le parti pris de ne pas donner à l'ennemi une figure humaine, de faire ressentir au spectateur un risque permanent, de ne pas donner de substance aux personnages. Trois axes narratifs sont dominants mais nous n'avons pas accès à leur identité.
Le parti pris est audacieux mais le film ne manque pas de défauts, d'abord une musique envahissante qui n'est pas réellement en accord avec le principe immersif documentaire voulu par le réalisateur. Ensuite un manque total d'émotions, davantage issu du montage qui alterne les lieux : air/mer/terre que du manque d'identité des personnages. Enfin tout manque d'ampleur, Nous gardons l'impression qu'il n'y a que quelques bateaux, que quelques avions  et le nombre de soldats présents sur la plage n'est pas rendu à l'écran.
Au final le film n'impressionne pas et déçoit.

30 juil. 2017

Detroit (2017) Kathryn Bigelow


Inspiré des émeutes à Detroit durant l'été 1967, le film se concentre sur l'incident de l'Algiers Motel où trois jeunes afro-américains ont trouvé la mort.

Film admirable qui nous plonge au coeur de l'événement, à tel point que l'on ressent parfois une intensité émotionnelle proche de la nausée. Je pense à certains moments propres aux films de Haneke.
La photo est superbe et l'interprétation excellente. Après 13th, c'est un autre film choc qui démontre le racisme qui a et qui sévit encore aux Etats-Unis et une réussite supplémentaire qui s'ajoute à la filmographie de Bigelow. Magistral.

His Girl Friday / La dame du vendredi (1940) Howard Hawks


Cary Grant incarne un rédacteur en chef. Son épouse (Rosalind Russell), dont il a divorcé, est journaliste sous ses ordres. Elle lui annonce qu'elle va se remarier, commence alors le stratagème pour l'en empêcher.

Comédie qui démarre tranquillement et quine va cesser de monter en intensité. C'est drôle et la distribution des personnages secondaires apporte énormément à la qualité du film.

27 juil. 2017

Une histoire simple (1978) Claude Sautet


Une histoire simple met en scène, comme d'autres films de Sautet, un groupe d'individus que l'on voit au travail et dans leur vie privée. Les scènes qui alternent les deux sphères sont nombreuses et les conversations ne tiennent aucun compte de cette séparation, l'on parle de sa vie privée au travail et du travail en weekend. La vie qui va en somme mais pour ces personnages c'est la liberté individuelle, en particulier la libération de la femme qui vient bouleverser les rapports traditionnels sociaux. 
L'on a des amants, certes, que ce soit l'homme ou la femme... Ce qui change c'est que l'on ose quitter l'autre, le mari, la femme. On s'émancipe, on suit le chemin du désir, de la passion et tant pis si ce chemin ne mène pas loin. Certains personnages s'en sortent très bien, c'est le parcours de Marie, sincère Romy Schneider, qui tout en étant attentive aux autres, et peut-être parce qu'attentive aux autres, suivra sa voie, celle qu'elle se choisit qui s'impose par elle-même. D'autres personnages en souffrent, attendent un retour dans la coulisse ou quittent la scène définitivement, ce qui, d'ailleurs, peut être lu comme un parcours individuel guidé par une souffrance ingérable. Un bon Sautet.

25 juil. 2017

Tarnation (2003) Jonathan Caouette


Vu lors de sa sortie en salles je me demandais le film tenait encore la route. Réponse affirmative. On ne peut pas dire que la vie ait chéri Jonathan Caouette mais très tôt il se réfugie dans un monde parallèle où il vit avec sa caméra. Il se filme, filme sa famille, filme tout... Bien plus tard il en fait un film qui est émouvant, dense émotionnellement. L'ensemble monté sur iMovie!

24 juil. 2017

Tell Them Willie Boy Is Here / Willie Boy (1969) Abraham Polonsky


Un jeune indien, Willie Boy (Robert Blake, parfait dans le rôle), revient dans sa réserve pour demander Lola en mariage (Katharina Ross). Le père refuse, il s'enfuit avec elle. Une chasse à l'homme se met en place, aggravée du fait de la présence du président des Etats-Unis dans la région et de la volonté de la presse de dramatiser à l'excès la dangerosité de Willie Boy. Cooper, le shérif local, incarné par le charismatique Robert Redford part avec la milice mise en place.

Film sur le racisme anti-indien, sur la bêtise. Belle utilisation des espaces et Katharina Ross en jeune indienne farouche est à ne pas manquer.

23 juil. 2017

Kekexili (2004) Lu Chuan


C'est la lecture d'un article qui a inspiré Lu Chuan pour réaliser ce film. Un journaliste a suivi une patrouille de volontaires dans le désert de Kekexili, désert se situant en Chine près du Tibet. Ces volontaires ne supportent pas de voir les braconniers décimer les antilopes tibétaines pour leur peau. A la suite d'un énième massacre le chef des volontaires emmène ses hommes à la poursuite des braconniers, bravant les chutes de neige brutales et les sables mouvants désert.

De superbes paysages encadrent cette quête presque irrationnelle pour préserver la vie dans le désert. Le film est beau et rend parfaitement compte de la force naturelle du Kekexili. Inspiré d'une histoire vraie, l'article de presse du journaliste embarqué aura un retentissement positif qui amènera les autorités chinoises à inscrire le désert en parc naturel sauvegardé et à protéger ces antilopes qui depuis voient leur nombre s'accroître.

21 juil. 2017

La Marie du port (1950) Marcel Carné


Tiré d'un roman de Simenon que je n'ai pas lu le film oscille entre le vaudeville et le film noir, lui donnant un balancement qu'il faut goûter avec une certaine bienveillance. Deux couples, l'un plus âgé que l'autre, peinent à se trouver et à s'impliquer dans une relation plus officielle. Ils vont se croiser et expérimenter des combinaisons différentes. Je ne sais comment le film a été reçu à l'époque mais il fallait être large d'esprit pour conter ces jeux amoureux sachant que les deux femmes sont deux soeurs. Le personnage principal incarné par Jean Gabin l'est et l'affirme.

Gabin écrase les autres acteurs de son naturel, excepté Carette. Notons que les rôles féminins n'ont pas une distribution heureuse, les actrices paraissent insipides et ennuient profondément. Le film est plaisant, sans plus, un peu à l'image de ses personnages nonchalants.
Un traveling arrière hitchcockien, dans le bus, nous fait regretter une veine noire pas assez présente.

20 juil. 2017

Clean (2004) Olivier Assayas


Emily Wang (Maggie Cheung) est la compagne d'un rocker undeground. Ce dernier meurt d'une overdose. Ils ont eu un enfant qui est sous la garde des grands-parents, elle décide alors de se sevrer pour essayer de le reprendre.

Film émouvant au casting impeccable, mention spéciale pour Nick Nolte. Metric, Brian Eno, Tricky, David Roback sont de la partie. Assayas ne sombre pas dans le glamour puéril de la rock culture mais montre bien l'envers du décor, les ravages de la drogue et la difficulté de revenir à une vie "normale". 


18 juil. 2017

Derrière la façade (1939) Georges Lacombe, Yves Mirande


Enquête policière qui réunit de nombreuses vedettes de l'époque, voir l'affiche ci-dessus. L'intrigue est simple, un meurtre est commis dans une immeuble, la propriétaire est retrouvée assassinée. Les enquêteurs vont d'appartement en appartement, de façade en façade, celle de l'arrière-cour où vivent les plus modestes et celle qui reçoit le soleil, les plus fortunés. Chaque appartement a son histoire, ses travers et tout ce petit monde vit ensemble.
La réalisation est au service des acteurs, la caméra est assez théâtrale et c'est bien par les acteurs que le plaisir arrive avec une mention spéciale pour Jules Berry, bandit qui a du panache, pour Michel Simon, lanceur de couteaux fantasque et pour d'autres qui ne déméritent pas. Carette et Eric Von Stroheim sont de la partie mais pas assez longtemps hélas...

17 juil. 2017

War for the Planet of the Apes / La planètes singes : Suprématie (2017) Matt Reeves


C'est une franchise que j'aime beaucoup. Cet opus est le dernier de la trilogie et l'ensemble va coller au Schaffner que nous aimons tant. Un réel effort d'écriture est à souligner,  une lecture juive du film est patente : c'est toute la séquence concentrationnaire jusqu'à l'issue dans le désert. Elle nourrit tout le film et elle est bienvenue dans cette lutte entre différents groupes. Une autre couche est ajoutée qui croise la première et celle-ciest la moins réussie, elle exploite le film de Coppola : Apocalypse Now. Plus le Coppola que le Conrad. Le talon d'Achille étant le personnage du Colonel incarné par un Woody Harrelson qu'on a connu plus inspiré. Au final, en dehors de cet écueil, un film spectaculaire qui mérite l'attention.

10 juil. 2017

The Founder / Le fondateur (2016) John Lee Hancock


Genèse de l'empire McDonald's ou comment deux frères fondent un fast-food assez révolutionnaire et se contentent de le gérer et comment un représentant ambitieux y voit la route du succès.

Film étonnant par son point de vue, il est construit pour nous montrer le processus dynamique enclenché par Ray Kroc, le représentant interprété par Michael Keaton. Nous comprenons ses motivations, ce qui le meut mais cette énergie dévorante laisse des victimes sur le trottoir tout en amenant avec elle d'autres âmes qui s'enrichissent. Les personnages vertueux sont souvent écrits comme des personnages un peu attardés, conservateurs ou naïfs, voire les deux. Cependant l'on éprouve de l'empathie pour eux. Du coup on ne sait où le film se situe, la réalité étant peut-être la suivante : un homme ambitieux qui ne se soucie que du résultat et qui laisse la morale et les sentiments (d'autrui) de côté.
C'est une sorte de fable américaine où la fin justifie les moyens. Le personnage séduit mais un goût amer subsiste quand le film s'arrête. La force qui va est admirable en tant qu'énergie et persistence mais elle laisse des traces qui en retirent le plaisir. Fascinant et écoeurant à la fois. 

9 juil. 2017

Land of the Dead (2005) George A. Romero


Film assez jouissif où le bad guy, Dennis Hopper, est un capitaliste forcené, voir la belle cravate rouge républicaine et les héros se soucient du sort des pauvres. En dehors de ce discours il y a une humanisation des zombies, comme une culpabilité de les voir servir de cibles pour amateurs de tirs. Ici ils doivent mourir s'ils représentent un danger. De l'action, du divertissement mais avec de la morale.

7 juil. 2017

Dawn of the Dead (2004) Zack Snyder


Je ne suis pas un grand connaisseur des films de zombies, je n'ai pas vu l'original, celui-ci étant un remake. C'est un bon film, percutant, gore à souhait, les personnages ont de la substance (pas seulement organique), présence d'humour et réalisation soignée. De l'excellent divertissement.
Unrated director's cut.

The Keepers (2017) Ryan White


Documentaire édifiant sur les méfaits d'un prêtre pédophile de Baltimore, protégé par son Eglise. Deux meurtres semblent liés à l'affaire, le documentaire de sept heures environ donnent la parole aux victimes et à ceux qui tentent d'élucider les faits. 

La pédophilie au sein de l'Eglise est un sujet qui a été couvert, le silence au sein de l'institution, le simple déplacement des coupables sont des pratiques courantes qui font de l'Eglise, de ceux qui sont en charge, de véritables criminels. Cette longue enquête de près de sept heures évoque des faits qui paraissent ahurissants. La tristesse et la révolte se font ressentir et nous sommes reconnaissants devant le travail accompli et les témoignages rendus. Il y a des tombes et des hommes qui méritent les crachats, d'autres le recueillement et notre respect.

Her (2013) Spike Jonze


Dans un futur pas si éloigné de notre réalité, les couples se font et surtout se défont. La technologie apporte un réconfort chaleureux, substitut digital venant combler la solitude. Theodore (Joaquin Phoenix) déprime, post-rupture oblige, mais lorsqu'il télécharge un programme d'exploitation ayant une voix séduisante, le voici en train de tomber amoureux.

Film séduisant, par son sujet et par son esthétique. 

Walter Murch, "In the Blink of an Eye", 2001


Ouvrage instructif sur la petite histoire du montage au cinéma agrémenté de réflexions générales sur cet art délicat. Murch sait, évidemment, de quoi il parle. Pour ceux qui s'intéressent à la question et, plus globalement, au cinéma.

27 juin 2017

The Handmaid's Tale (2017) Bruce Miller


Imaginons que les femmes n'aient plus aucun droit. L'action se situe aux Etats-Unis, dans un futur assez proche. Les naissances ont chuté et un état totalitaire est mis en place ayant un discours basé sur la survie de la planète et le retour à la religion. Quelques femmes restent cependant fertiles, elles deviennent alors des servantes destinées à procurer des enfants aux élites choisies pour les élever.

La série a des échos certains avec l'actualité politique américaine et au-delà, conservatisme religieux et goût de l'autorité, refus de la morale sont les discours dominants qui traversent les épisodes. Nous sommes entre George Orwell, "1984" et Aldous Huxley, "Le Meilleur des mondes", un futur dystopique effrayant. La construction en flash-back est intéressante car nous nous habituons assez vite à l'univers morbide où évoluent les personnages et lorsque nous sommes plongés dans les retours en arrière la distance temporelle qui sépare ce même monde nous fait ressentir l'horreur de ce nouveau système.

Plaisir de revoir Elisabeth Moss après sa prestation dans Mad Men.

Shutter Island (2010) Martin Scorsese


Pas vraiment accroché à ce Scorsese, en dépit du scénario, en dépit des moyens utilisés, du clin d'oeil à Hitchcock (voir le séquence dont est extrait le phonogramme ci-dessus). Le film m'a laissé totalement insensible.

26 juin 2017

The Night Of (2016) Richard price, Steven Zaillian


Excellente mini-série signée Richard Price et Steven Zaillian. Un jeune homme bien sous toutes coutures se retrouve avec un cadavre dans les bras. Tout l'accuse. Un avocat, habitué des prostituées et dealers, va prendre en charge sa défense.

John Turturro incarne l'avocat et il est excellent. La série vaut principalement pour son personnage. L'idée est de montrer la mutation d'un individu, aussi pur soit-il, lorsqu'il entre dans une prison. Cela est réussi. L'autre pan s'attache à montrer le fonctionnement de la justice et celui de l'enquête policière. On regrettera les petites amours entre l'accusé et la jeune avocate, cela semble peu crédible, non pas que la crédibilité soit le mètre étalon suprême mais ce chemin me semblait excessif. En dehors de ce travers le reste est de très bonne facture.

Savages (2012) Oliver Stone


Deux amis à la vie à la mort font pousser du cannabis et s'enrichissent, ils partagent la même fille, ce trio bronzant et mélangeant leurs corps à Laguna Beach. Un cartel s'intéresse à leur production car elle est de qualité.
C'est poussif, cela se veut cool et glamour mais rien si ce n'est Benicio Del Toro que l'on aime voir jouer les durs. 

22 juin 2017

An American Werewolf in London (1981) John Landis


Cela faisait longtemps que celui-ci me faisait de l'oeil... Un peu déçu, j'imagine qu'en 1981 les effets spéciaux devaient impressionner, ils le sont encore pour quelques séquences mais le reste ne m'a as vraiment plus, la tonalité de l'ensemble, le rire complice avec le spectateur... Les références cinématographiques sont amusantes, les paysages écossais sublimes mais l'ennui s'installe rapidement et persiste.

21 juin 2017

Harold and Maude (1971) Hal Ashby


Film extrêmement original et attachant. Harold (Bud Cort) est un jeune adolescent qui s'ennuie à mort dans la riche demeure familiale. Cet ennui profond l'amène a développer un goût pour le morbide, les faux suicides, les enterrements... Lorsqu'il rencontre Maude (Ruth Gordon), sa vie change car l'octogénaire est fantasque, croque la vie à pleines dents, se moque des conventions. Un détail tatoué sur sa peau explique peut-être sa philosophie, le refus de l'ennui, du système, de la coercition. 
Ces deux personnages pétillent ensemble et le film évoque un passage de relais, une leçon morale où jamais le spectateur ne s'ennuie, où l'émotion se mêle aux rires. L'enseignement devient alors un plaisir de tous les instants.

20 juin 2017

Haywire (2011) Steven Soderbergh


Film d'action où un agent spécial, Mallory Kane (pulpeuse et athlétique Gina Carano), se fait piéger. La vengeance suit.
Bien rythmé, le film enchaine les scènes d'action avec une belle maestria. C'est ce que l'on demande principalement au genre. Reste une brochette d'acteurs qui (tré)passe pour rendre service à Soderbergh et pour nous faire plaisir.

La Trêve (2016) Matthieu Donck


Une série plaisante venue de Belgique. Polar autour de la mort mystérieuse d'un jeune joueur de foot togolais, la série traverse les différentes couches de la population d'un village, l'enquête étant menée par un inspecteur qui a vécu un moment dans la région mais qui est principalement de la ville.
Atmosphère soignée, bon usage des décors extérieurs, le scénario laisse la place au suspens. Beau travail sur le son. 

19 juin 2017

The Duel at Silver Creek (1952) Don Siegel


Petit western, assez court, 1h10 environ au scénario intéressant. C'est le rookie, The Silver Kid (Audie Murphy),  qui est mis en valeur et pas le héros habituel. Le Marshal plein d'expérience ne cesse de commettre des erreurs, se fait mener en bateau et devient presque inapte au tir tandis que le jeune assistant lui sauve la mise plusieurs fois.
La manière dont le scénario est construit le met en valeur, le récit commence par mettre en place le contexte lié au Sliver Kid puis l'on passe au Marshal. Ce n'est que plus tard que Siver Kid revient dans le récit, au moment précis où l'ainé a besoin de lui.
Le reste est assez plan plan, notons la présence moustachue de Lee Marvin et quelques mouvements audacieux de caméra dans les scènes d'action finales.

16 juin 2017

S Is for Stanley (2017) Alex Infascelli


Pendant audio-visuel du livre consacré au chauffeur personnel de Stanley Kubrick, Emilio D'Alessandro, qui devint rapidement son factotum. Homme simple et dévoué, Emilio est de ceux qui permettent à d'autres de plonger plus avant dans leur travail car le quotidien est géré avec confiance. C'est une amitié qui se forge avec les années, basée sur l'admiration et la confiance. C'est aussi un lien dévorant mais est-il possible qu'il en soit autrement dans la fréquentation d'un homme comme Kubrick.

7 juin 2017

Narcos (2015-2016) Chris Brancato


Ascension et chute de Pablo Escobar. La première saison pêche par son systématisme, les scènes de violence alternent avec les scènes plus charnelles conjuguées avec les échecs des représentants de la loi. La deuxième saison est mieux réalisée, un style plus séduisant, un montage plus intéressant et un travail sur le son pertinent. 
Mon principal problème est le casting, je ne suis pas vraiment fan de Wagner Moura, ni de Boyd Holbrook. Pedro Pascal m'a bien plus enthousiasmé ainsi que Cristina Umana. 
Ce qui emporte l'adhésion est la volonté de tourner en Colombie, Bogota apporte un vernis incontestable à la série.

24 mai 2017

Cidade de Deus / La cité de Dieu (2002) Fernando Meirelles, Katia Lund


Les gangs dans les favelas, comment l'on y meurt, comment l'on y règne, comment en sort-on.
C'est clipesque, cela se veut violent mais le style retire toute dramatisation au propos qui souligne pourtant la véracité des faits. A la limite de l'ennui.

Philomena (2013) Stephen Frears


Classique et rondement mené, Philomena dresse le portrait des petites gens, en l'occurence une femme qui décide de retrouver l'enfant que des religieuses lui ont retiré. Le couvent irlandais recueillait les filles-mères et vendaient leurs enfants à des américains fortunés. Un journaliste sur une voie de garage s'empare de l'histoire et part avec elle enquêter. 
Ce n'est pas transcendant mais les acteurs sont bons et l'histoire est digne d'intérêt. Je regrette seulement une espèce de routine, de ronron dans la réalisation, des plans qui sont un peu évidents, je pense à la pomme qui tombe, aux flash-backs à la fenêtre... 

23 mai 2017

The Wizard of Lies (2017) Barry Levinson


L'affaire Madoff sidère, de la même manière que l'affaire Romand. Il y a le mensonge et la capacité à en tenir toutes les ramifications des années durant jusqu'à l'inéluctable. Les deux personnages sont des psychopathes dans la mesure où l'empathie est une notion qui leur est totalement étrangère. Levinson va vite pour brosser le portrait et le système de l'escroc Madoff. Trop vite ou alors pas assez dans la psychologie même du personnage. De Niro fait le boulot mais il faut noter que le propos est centré sur la sphère familiale de Madoff, notamment ses deux fils. Du coup les attentes sont déçues en dépit de l'éclairage donné sur le point évoqué ci-dessus. 

Bob and the Trees (2015) Diego Ongaro


Film sur le quotidien difficile d'un bûcheron qui possède également une ferme. Premier long d'un réalisateur qui promet, qui sait prendre le temps de filmer autour de ses personnages, qui sait également leur donner de l'ampleur, de la respiration. Beau film sur l'abnégation, sur la force intérieure.

19 mai 2017

Dheepan (2015) Jacques Audiard


Dheepan est un immigré du Sri Lanka, ancien soldat, il fuit la guerre et arrive dans une banlieue française tenue par des dealers. Il se satisfait de son emploi de concierge. C'est avec une femme et une enfant qu'il s'installe, lesquelles ont quitté le pays avec lui mais aucun lien réel ne les unit si ce n'est l'opportunité de commencer une nouvelle vie.

C'est un film extrêmement original que nous livre Audiard, je pourrais aller voir sur la toile les raisons qui l'ont poussé à l'écrire à plusieurs mains mais je ne le ferai pas. Me suffisent la force du propos, l'immersion hyper réaliste des lieux, la sensibilité de ces acteurs non professionnels. 

16 mai 2017

You and Me (1938) Fritz Lang


UCLA Film & Television Archive - Copie 35 mm, nitrate d'origine.

Joie de voir ce film assez rare dans une très belle copie.
Le film surprend car si nous connaissons un peu Fritz Lang, nous ne nous attendons pas à cette tonalité, à ce mélange des genres. Le film fut un flop et mit un terme au contrat qui liait le réalisateur à la Paramount.
La trame principale du récit est la volonté de Joe (George Raft), un ancien détenu, de réussir dans la vie et de réussir sa vie. Le premier objectif est atteint car il travaille chez Morris (Harry Carey) qui dirige un grand magasin et qui tient à y employer d'anciens détenus afin de leur donner une chance de réinsertion. Nous tenons là la veine sociale chère à Fritz Lang. Le second réside en les sentiments qu'il ressent pour Helen (Sylvia Sydney qui signe son troisième film avec Lang), une autre employée de Morris. Il lui a de suite indiqué qu'il sortait de prison et désire l'épouser.

L'ensemble tient de la comédie, l'on rit souvent et la légèreté est de mise. S'ajoute à cela des séquences qui relèvent de la comédie musicale, une chanson voire des passages clipés dont la musique a été composée par Kurt Weill, morceaux qui sont agréables à suivre et dont le montage est digne d'intérêt.
Joe est rattrapé par son passé car ses anciens camarades de prison font toujours partie du milieu et veulent le voir revenir aux affaires. D'autres séquences relèvent alors du film noir et certaines sont d'un expressionnisme admirable, pensons à celle qui se passe en prison et qui vit arriver un nouveau détenu. Toute la bande est interprétée par des gueules succulentes : Robert Cummings, Barton MacLane, Roscoe Karns, George E. Stone, Warren Hymer, Kit Guard, Ernie Adams... Cette équipe fait le sel du film.

Des séquences de haute tenue parsèment le film, les logeurs qui hébergent Helen, la séquence de la lune de miel, le système de communication des truands, la leçon donnée aux truands par Helen dans le rayon jouets.
Il ne nous semble pas que le film ait une excellente réputation, c'est fort regrettable.

14 mai 2017

The West (1996) Stephen Ives


Si vous avez toujours eu envie de plonger dans l'Ouest américain, celui des pionniers, des fous qui partaient à l'aventure, à la découverte des grands espaces, si vous voulez ressentir ce que peut procurer la vie en ces lieux, si vous voulez avoir un véritable regard sur ce que les Indiens sont, sur la manière dont ils ont été traités par l'homme blanc, si vous voulez vivre la construction du chemin de fer qui relie deux océans, si vous voulez découvrir la véritable histoire et laisser de côté la légende, alors ce documentaire de neuf heures est pour vous. Fi du sensationnel, place qui documents, à la parole, aux historiens et à l'Ouest, le vrai. Addictif.

Big Little Lies (2017) Jean-Marc Vallée


J'ai pris beaucoup de plaisir à regarder cette série, d'abord grâce aux dialogues, en particulier ceux écrits pour le personnage interprété par Reese Witherspoon, ensuite grâce aux acteurs, le quatuor féminin, Witherspoon, Kidman, Woodley et Dern, est réjouissant, enfin le scénario, ces déchirures entre ego disent beaucoup sur ce que l'on doit accomplir au regard des autres en dépit des faiblesses cachées, des peurs qui toutes nous rassemblent.
La réalisation est parfois un peu clipesque, cèdant à l'esthétique facile mais la force de l'histoire et de ses personnages l'emportent.

2 mai 2017

The Road (2009) John Hillcoat


Un père et son fils tentent de survivre dans une Amérique post-apocalyptique. 
Le film baigne dans des tons beiges, grisâtres, aucune lueur d'espoir ne vient contrebalancer la morbidité de leur environnement. la nourriture est difficile à trouver et le cannibalisme est une option qui devient la norme. Reste alors la transmission de valeurs, "Are we the good guys?", ce qui rattache l'homme à son humanité, ce qui le préserve encore. Le père (Viggo Mortensen) s'accroche fermement à ce dernier rempart, aidé par l'innocence intrinsèque de son fils, l'innocence des enfants dont parle Victor Hugo dans "Les misérables". 

27 avr. 2017

L'adversaire (2002) Nicole Garcia


L'affaire Romand, dans ses détails, est assez fidèlement représentée mais ce n'est pas suffisant pour en faire un bon film. Garcia a adopté un parti pris narratif que l'on peut discuter, cette construction en flash-back ne me convainc pas réellement, elle parait assez artificielle, surtout si l'on connait le sujet. En revanche la tonalité du film, son rythme m'ont emballé notamment les séquences récurrentes où Romand est en voiture, passant ses journées sur les aires de repos d'autoroutes, dans des cafétérias glauques. Ces espaces qui sont essentiellement des espaces de transit deviennent pour le personnage des lieux de vies et la beauté en est absente. Je trouve Auteuil convaincant, notons également la présence bienvenue des plages synthétiques dépressives de Badalamenti.

19 avr. 2017

Blue Ruin (2013) Jeremy Saulnier


Au début nous suivons un clochard. Assez organisé, discret. Un flic vient lui apprendre que l'assassin de ses parents va sortir de prison, il va se venger.
Film réaliste, classique dans la mesure où la réalisation ne se perd pas dans les effets inutiles. C'est avec plaisir que l'on plonge avec le personnage dans cette quête sanglante. Tous les éléments ne sont pas expliqués de suite, c'est une portion de vie qui nous est donnée, telle qu'elle pourrait se passer, avec ses silences et ses moments d'explosions. Un film percutant et intense.

18 avr. 2017

Juste la fin du monde (2016) Xavier Dolan


Un homme revient chez lui après une longue absence dans l'intention d'apprendre à sa famille sa mort à venir.
Des passages redondants, hystériques et assez pénibles, d'autres téléphonés cependant la magie opère par moments, donnant au film un souffle irrégulier.

La loi du marché (2015) Stéphane Brizé


Un chômeur (Vincent Lindon) tente de joindre les deux bouts. 
Rien de réjouissant dans ce récit d'une lutte quotidienne, l'individu tente de ne pas être broyé dans un monde qui manque de chaleur, de compassion et de beauté. La vraie vie pour certains, telle qu'elle se déploie, implacable, violente. Belle plongée réaliste qui nous donne envie de respirer un air plus pur.

Cave of Forgotten Dreams (2010) Werner Herzog


Herzog a accès à la grotte Chauvet et nous fait partager la dimension totalement unique de l'endroit.
Des dessins de plus de 30 000 ans sont intacts, la magie opère intensément.
Il est passionnant et émouvant de se mettre dans les pas de ces hommes venus projeter sur la roche l'univers qui les entouraient alors, de percevoir les signes de leur spiritualité, de leur manière d'entre en contact avec les mystères du monde.

The Confessions of Thomas Quick (2015) Brian Hill


Suède. Au sein de la tranquillité d'un asile, un patient, au cours de ses nombreuses séances de thérapie, se met à avouer des meurtres où la pédophilie se mêle au cannibalisme.
Le parti-pris narratif de ce documentaire est intéressant, il témoigne de la puissance de la parole et de l'écoute aveugle de ceux qui la reçoivent, plus encore de la légèreté pour ne pas en dire davantage des professionnels qui entouraient cet homme singulier. 

16 avr. 2017

Metallica : Some Kind of Monster (2004) Joe Berlinger & Bruce Sinofsky


Trois ans avec Metallica ou comment un groupe qui a vendu des millions d'albums tente d'en créer un nouveau, sans bassiste, avec un membre qui part en cure de désintoxication...
L'ego, la vie de famille, le besoin de créer, le tout sous la supervision d'un psy et du producteur de l'album.
Intéressant.

15 avr. 2017

Five Came Back (2017) Laurent Bouzereau


Laurent Bouzereau est connu pour réaliser des suppléments de qualité qui complètent admirablement les éditions DVD / BR de nos films préférés. Il réalise ici un documentaire qui relate la manière dont Hollywood a gérer la Deuxième Guerre mondiale à travers cinq réalisateurs qui se sont engagés : John Ford, George Stevens, Frank Capra, William Wyler et John Huston. Chacun à leur manière. 
Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, Guillermo del Toro, Paul Greengrass et Lawrence Kasdan viennent sont les intervenant de luxe qui viennent faire la causette devant la caméra.
Les images d'archive sont excellentes et la mise en contexte de cette période est remarquablement faite.

6 avr. 2017

Hell or High Water (2016) David Mackenzie


Superbe scénario qui traite une réalité économique sous un angle original. Deux frères braquent des banques avec un rythme  qui peut ressembler à une frénésie suicidaire, leurs motivations sont peu à peu dévoilées et le récit gagne en intérêt. Le traitement du duo de rangers donne au film la légèreté nécessaire pour diluer la lourdeur de la trame principale.
Tourné en Arizona et au Nouveau Mexique, c'est un polar moderne qui conserve la tradition sociale du genre inscrit dans des décors frappés par un soleil permanent. 
Le conflit entre la loi officielle et celle morale, implicite et plus ancienne, tension que l'on retrouve dans de nombreux westerns, est parfaitement illustré ici.