24 mai 2017

Cidade de Deus / La cité de Dieu (2002) Fernando Meirelles, Katia Lund


Les gangs dans les favelas, comment l'on y meurt, comment l'on y règne, comment en sort-on.
C'est clipesque, cela se veut violent mais le style retire toute dramatisation au propos qui souligne pourtant la véracité des faits. A la limite de l'ennui.

Philomena (2013) Stephen Frears


Classique et rondement mené, Philomena dresse le portrait des petites gens, en l'occurence une femme qui décide de retrouver l'enfant que des religieuses lui ont retiré. Le couvent irlandais recueillait les filles-mères et vendaient leurs enfants à des américains fortunés. Un journaliste sur une voie de garage s'empare de l'histoire et part avec elle enquêter. 
Ce n'est pas transcendant mais les acteurs sont bons et l'histoire est digne d'intérêt. Je regrette seulement une espèce de routine, de ronron dans la réalisation, des plans qui sont un peu évidents, je pense à la pomme qui tombe, aux flash-backs à la fenêtre... 

23 mai 2017

The Wizard of Lies (2017) Barry Levinson


L'affaire Madoff sidère, de la même manière que l'affaire Romand. Il y a le mensonge et la capacité à en tenir toutes les ramifications des années durant jusqu'à l'inéluctable. Les deux personnages sont des psychopathes dans la mesure où l'empathie est une notion qui leur est totalement étrangère. Levinson va vite pour brosser le portrait et le système de l'escroc Madoff. Trop vite ou alors pas assez dans la psychologie même du personnage. De Niro fait le boulot mais il faut noter que le propos est centré sur la sphère familiale de Madoff, notamment ses deux fils. Du coup les attentes sont déçues en dépit de l'éclairage donné sur le point évoqué ci-dessus. 

Bob and the Trees (2015) Diego Ongaro


Film sur le quotidien difficile d'un bûcheron qui possède également une ferme. Premier long d'un réalisateur qui promet, qui sait prendre le temps de filmer autour de ses personnages, qui sait également leur donner de l'ampleur, de la respiration. Beau film sur l'abnégation, sur la force intérieure.

19 mai 2017

Dheepan (2015) Jacques Audiard


Dheepan est un immigré du Sri Lanka, ancien soldat, il fuit la guerre et arrive dans une banlieue française tenue par des dealers. Il se satisfait de son emploi de concierge. C'est avec une femme et une enfant qu'il s'installe, lesquelles ont quitté le pays avec lui mais aucun lien réel ne les unit si ce n'est l'opportunité de commencer une nouvelle vie.

C'est un film extrêmement original que nous livre Audiard, je pourrais aller voir sur la toile les raisons qui l'ont poussé à l'écrire à plusieurs mains mais je ne le ferai pas. Me suffisent la force du propos, l'immersion hyper réaliste des lieux, la sensibilité de ces acteurs non professionnels. 

16 mai 2017

You and Me (1938) Fritz Lang


UCLA Film & Television Archive - Copie 35 mm, nitrate d'origine.

Joie de voir ce film assez rare dans une très belle copie.
Le film surprend car si nous connaissons un peu Fritz Lang, nous ne nous attendons pas à cette tonalité, à ce mélange des genres. Le film fut un flop et mit un terme au contrat qui liait le réalisateur à la Paramount.
La trame principale du récit est la volonté de Joe (George Raft), un ancien détenu, de réussir dans la vie et de réussir sa vie. Le premier objectif est atteint car il travaille chez Morris (Harry Carey) qui dirige un grand magasin et qui tient à y employer d'anciens détenus afin de leur donner une chance de réinsertion. Nous tenons là la veine sociale chère à Fritz Lang. Le second réside en les sentiments qu'il ressent pour Helen (Sylvia Sydney qui signe son troisième film avec Lang), une autre employée de Morris. Il lui a de suite indiqué qu'il sortait de prison et désire l'épouser.

L'ensemble tient de la comédie, l'on rit souvent et la légèreté est de mise. S'ajoute à cela des séquences qui relèvent de la comédie musicale, une chanson voire des passages clipés dont la musique a été composée par Kurt Weill, morceaux qui sont agréables à suivre et dont le montage est digne d'intérêt.
Joe est rattrapé par son passé car ses anciens camarades de prison font toujours partie du milieu et veulent le voir revenir aux affaires. D'autres séquences relèvent alors du film noir et certaines sont d'un expressionnisme admirable, pensons à celle qui se passe en prison et qui vit arriver un nouveau détenu. Toute la bande est interprétée par des gueules succulentes : Robert Cummings, Barton MacLane, Roscoe Karns, George E. Stone, Warren Hymer, Kit Guard, Ernie Adams... Cette équipe fait le sel du film.

Des séquences de haute tenue parsèment le film, les logeurs qui hébergent Helen, la séquence de la lune de miel, le système de communication des truands, la leçon donnée aux truands par Helen dans le rayon jouets.
Il ne nous semble pas que le film ait une excellente réputation, c'est fort regrettable.

14 mai 2017

The West (1996) Stephen Ives


Si vous avez toujours eu envie de plonger dans l'Ouest américain, celui des pionniers, des fous qui partaient à l'aventure, à la découverte des grands espaces, si vous voulez ressentir ce que peut procurer la vie en ces lieux, si vous voulez avoir un véritable regard sur ce que les Indiens sont, sur la manière dont ils ont été traités par l'homme blanc, si vous voulez vivre la construction du chemin de fer qui relie deux océans, si vous voulez découvrir la véritable histoire et laisser de côté la légende, alors ce documentaire de neuf heures est pour vous. Fi du sensationnel, place qui documents, à la parole, aux historiens et à l'Ouest, le vrai. Addictif.

Big Little Lies (2017) Jean-Marc Vallée


J'ai pris beaucoup de plaisir à regarder cette série, d'abord grâce aux dialogues, en particulier ceux écrits pour le personnage interprété par Reese Witherspoon, ensuite grâce aux acteurs, le quatuor féminin, Witherspoon, Kidman, Woodley et Dern, est réjouissant, enfin le scénario, ces déchirures entre ego disent beaucoup sur ce que l'on doit accomplir au regard des autres en dépit des faiblesses cachées, des peurs qui toutes nous rassemblent.
La réalisation est parfois un peu clipesque, cèdant à l'esthétique facile mais la force de l'histoire et de ses personnages l'emportent.

2 mai 2017

The Road (2009) John Hillcoat


Un père et son fils tentent de survivre dans une Amérique post-apocalyptique. 
Le film baigne dans des tons beiges, grisâtres, aucune lueur d'espoir ne vient contrebalancer la morbidité de leur environnement. la nourriture est difficile à trouver et le cannibalisme est une option qui devient la norme. Reste alors la transmission de valeurs, "Are we the good guys?", ce qui rattache l'homme à son humanité, ce qui le préserve encore. Le père (Viggo Mortensen) s'accroche fermement à ce dernier rempart, aidé par l'innocence intrinsèque de son fils, l'innocence des enfants dont parle Victor Hugo dans "Les misérables".