31 juil. 2017

Dunkirk / Dunkerque (2017) Christopher Nolan


Nolan se frotte au film de guerre en choisissant un épisode la seconde Guerre Mondiale : Dunkerque. Les troupes françaises et anglaises sont cernées par les allemands et attendent d'être évacuées. 
J'aime beaucoup le parti pris de ne pas donner à l'ennemi une figure humaine, de faire ressentir au spectateur un risque permanent, de ne pas donner de substance aux personnages. Trois axes narratifs sont dominants mais nous n'avons pas accès à leur identité.
Le parti pris est audacieux mais le film ne manque pas de défauts, d'abord une musique envahissante qui n'est pas réellement en accord avec le principe immersif documentaire voulu par le réalisateur. Ensuite un manque total d'émotions, davantage issu du montage qui alterne les lieux : air/mer/terre que du manque d'identité des personnages. Enfin tout manque d'ampleur, Nous gardons l'impression qu'il n'y a que quelques bateaux, que quelques avions  et le nombre de soldats présents sur la plage n'est pas rendu à l'écran.
Au final le film n'impressionne pas et déçoit.

30 juil. 2017

Detroit (2017) Kathryn Bigelow


Inspiré des émeutes à Detroit durant l'été 1967, le film se concentre sur l'incident de l'Algiers Motel où trois jeunes afro-américains ont trouvé la mort.

Film admirable qui nous plonge au coeur de l'événement, à tel point que l'on ressent parfois une intensité émotionnelle proche de la nausée. Je pense à certains moments propres aux films de Haneke.
La photo est superbe et l'interprétation excellente. Après 13th, c'est un autre film choc qui démontre le racisme qui a et qui sévit encore aux Etats-Unis et une réussite supplémentaire qui s'ajoute à la filmographie de Bigelow. Magistral.

His Girl Friday / La dame du vendredi (1940) Howard Hawks


Cary Grant incarne un rédacteur en chef. Son épouse (Rosalind Russell), dont il a divorcé, est journaliste sous ses ordres. Elle lui annonce qu'elle va se remarier, commence alors le stratagème pour l'en empêcher.

Comédie qui démarre tranquillement et quine va cesser de monter en intensité. C'est drôle et la distribution des personnages secondaires apporte énormément à la qualité du film.

27 juil. 2017

Une histoire simple (1978) Claude Sautet


Une histoire simple met en scène, comme d'autres films de Sautet, un groupe d'individus que l'on voit au travail et dans leur vie privée. Les scènes qui alternent les deux sphères sont nombreuses et les conversations ne tiennent aucun compte de cette séparation, l'on parle de sa vie privée au travail et du travail en weekend. La vie qui va en somme mais pour ces personnages c'est la liberté individuelle, en particulier la libération de la femme qui vient bouleverser les rapports traditionnels sociaux. 
L'on a des amants, certes, que ce soit l'homme ou la femme... Ce qui change c'est que l'on ose quitter l'autre, le mari, la femme. On s'émancipe, on suit le chemin du désir, de la passion et tant pis si ce chemin ne mène pas loin. Certains personnages s'en sortent très bien, c'est le parcours de Marie, sincère Romy Schneider, qui tout en étant attentive aux autres, et peut-être parce qu'attentive aux autres, suivra sa voie, celle qu'elle se choisit qui s'impose par elle-même. D'autres personnages en souffrent, attendent un retour dans la coulisse ou quittent la scène définitivement, ce qui, d'ailleurs, peut être lu comme un parcours individuel guidé par une souffrance ingérable. Un bon Sautet.

25 juil. 2017

Tarnation (2003) Jonathan Caouette


Vu lors de sa sortie en salles je me demandais le film tenait encore la route. Réponse affirmative. On ne peut pas dire que la vie ait chéri Jonathan Caouette mais très tôt il se réfugie dans un monde parallèle où il vit avec sa caméra. Il se filme, filme sa famille, filme tout... Bien plus tard il en fait un film qui est émouvant, dense émotionnellement. L'ensemble monté sur iMovie!

24 juil. 2017

Tell Them Willie Boy Is Here / Willie Boy (1969) Abraham Polonsky


Un jeune indien, Willie Boy (Robert Blake, parfait dans le rôle), revient dans sa réserve pour demander Lola en mariage (Katharina Ross). Le père refuse, il s'enfuit avec elle. Une chasse à l'homme se met en place, aggravée du fait de la présence du président des Etats-Unis dans la région et de la volonté de la presse de dramatiser à l'excès la dangerosité de Willie Boy. Cooper, le shérif local, incarné par le charismatique Robert Redford part avec la milice mise en place.

Film sur le racisme anti-indien, sur la bêtise. Belle utilisation des espaces et Katharina Ross en jeune indienne farouche est à ne pas manquer.

23 juil. 2017

Kekexili (2004) Lu Chuan


C'est la lecture d'un article qui a inspiré Lu Chuan pour réaliser ce film. Un journaliste a suivi une patrouille de volontaires dans le désert de Kekexili, désert se situant en Chine près du Tibet. Ces volontaires ne supportent pas de voir les braconniers décimer les antilopes tibétaines pour leur peau. A la suite d'un énième massacre le chef des volontaires emmène ses hommes à la poursuite des braconniers, bravant les chutes de neige brutales et les sables mouvants désert.

De superbes paysages encadrent cette quête presque irrationnelle pour préserver la vie dans le désert. Le film est beau et rend parfaitement compte de la force naturelle du Kekexili. Inspiré d'une histoire vraie, l'article de presse du journaliste embarqué aura un retentissement positif qui amènera les autorités chinoises à inscrire le désert en parc naturel sauvegardé et à protéger ces antilopes qui depuis voient leur nombre s'accroître.

21 juil. 2017

La Marie du port (1950) Marcel Carné


Tiré d'un roman de Simenon que je n'ai pas lu le film oscille entre le vaudeville et le film noir, lui donnant un balancement qu'il faut goûter avec une certaine bienveillance. Deux couples, l'un plus âgé que l'autre, peinent à se trouver et à s'impliquer dans une relation plus officielle. Ils vont se croiser et expérimenter des combinaisons différentes. Je ne sais comment le film a été reçu à l'époque mais il fallait être large d'esprit pour conter ces jeux amoureux sachant que les deux femmes sont deux soeurs. Le personnage principal incarné par Jean Gabin l'est et l'affirme.

Gabin écrase les autres acteurs de son naturel, excepté Carette. Notons que les rôles féminins n'ont pas une distribution heureuse, les actrices paraissent insipides et ennuient profondément. Le film est plaisant, sans plus, un peu à l'image de ses personnages nonchalants.
Un traveling arrière hitchcockien, dans le bus, nous fait regretter une veine noire pas assez présente.

20 juil. 2017

Clean (2004) Olivier Assayas


Emily Wang (Maggie Cheung) est la compagne d'un rocker undeground. Ce dernier meurt d'une overdose. Ils ont eu un enfant qui est sous la garde des grands-parents, elle décide alors de se sevrer pour essayer de le reprendre.

Film émouvant au casting impeccable, mention spéciale pour Nick Nolte. Metric, Brian Eno, Tricky, David Roback sont de la partie. Assayas ne sombre pas dans le glamour puéril de la rock culture mais montre bien l'envers du décor, les ravages de la drogue et la difficulté de revenir à une vie "normale". 


18 juil. 2017

Derrière la façade (1939) Georges Lacombe, Yves Mirande


Enquête policière qui réunit de nombreuses vedettes de l'époque, voir l'affiche ci-dessus. L'intrigue est simple, un meurtre est commis dans une immeuble, la propriétaire est retrouvée assassinée. Les enquêteurs vont d'appartement en appartement, de façade en façade, celle de l'arrière-cour où vivent les plus modestes et celle qui reçoit le soleil, les plus fortunés. Chaque appartement a son histoire, ses travers et tout ce petit monde vit ensemble.
La réalisation est au service des acteurs, la caméra est assez théâtrale et c'est bien par les acteurs que le plaisir arrive avec une mention spéciale pour Jules Berry, bandit qui a du panache, pour Michel Simon, lanceur de couteaux fantasque et pour d'autres qui ne déméritent pas. Carette et Eric Von Stroheim sont de la partie mais pas assez longtemps hélas...

17 juil. 2017

War for the Planet of the Apes / La planètes singes : Suprématie (2017) Matt Reeves


C'est une franchise que j'aime beaucoup. Cet opus est le dernier de la trilogie et l'ensemble va coller au Schaffner que nous aimons tant. Un réel effort d'écriture est à souligner,  une lecture juive du film est patente : c'est toute la séquence concentrationnaire jusqu'à l'issue dans le désert. Elle nourrit tout le film et elle est bienvenue dans cette lutte entre différents groupes. Une autre couche est ajoutée qui croise la première et celle-ciest la moins réussie, elle exploite le film de Coppola : Apocalypse Now. Plus le Coppola que le Conrad. Le talon d'Achille étant le personnage du Colonel incarné par un Woody Harrelson qu'on a connu plus inspiré. Au final, en dehors de cet écueil, un film spectaculaire qui mérite l'attention.

10 juil. 2017

The Founder / Le fondateur (2016) John Lee Hancock


Genèse de l'empire McDonald's ou comment deux frères fondent un fast-food assez révolutionnaire et se contentent de le gérer et comment un représentant ambitieux y voit la route du succès.

Film étonnant par son point de vue, il est construit pour nous montrer le processus dynamique enclenché par Ray Kroc, le représentant interprété par Michael Keaton. Nous comprenons ses motivations, ce qui le meut mais cette énergie dévorante laisse des victimes sur le trottoir tout en amenant avec elle d'autres âmes qui s'enrichissent. Les personnages vertueux sont souvent écrits comme des personnages un peu attardés, conservateurs ou naïfs, voire les deux. Cependant l'on éprouve de l'empathie pour eux. Du coup on ne sait où le film se situe, la réalité étant peut-être la suivante : un homme ambitieux qui ne se soucie que du résultat et qui laisse la morale et les sentiments (d'autrui) de côté.
C'est une sorte de fable américaine où la fin justifie les moyens. Le personnage séduit mais un goût amer subsiste quand le film s'arrête. La force qui va est admirable en tant qu'énergie et persistence mais elle laisse des traces qui en retirent le plaisir. Fascinant et écoeurant à la fois. 

9 juil. 2017

Land of the Dead (2005) George A. Romero


Film assez jouissif où le bad guy, Dennis Hopper, est un capitaliste forcené, voir la belle cravate rouge républicaine et les héros se soucient du sort des pauvres. En dehors de ce discours il y a une humanisation des zombies, comme une culpabilité de les voir servir de cibles pour amateurs de tirs. Ici ils doivent mourir s'ils représentent un danger. De l'action, du divertissement mais avec de la morale.

7 juil. 2017

Dawn of the Dead (2004) Zack Snyder


Je ne suis pas un grand connaisseur des films de zombies, je n'ai pas vu l'original, celui-ci étant un remake. C'est un bon film, percutant, gore à souhait, les personnages ont de la substance (pas seulement organique), présence d'humour et réalisation soignée. De l'excellent divertissement.
Unrated director's cut.

The Keepers (2017) Ryan White


Documentaire édifiant sur les méfaits d'un prêtre pédophile de Baltimore, protégé par son Eglise. Deux meurtres semblent liés à l'affaire, le documentaire de sept heures environ donnent la parole aux victimes et à ceux qui tentent d'élucider les faits. 

La pédophilie au sein de l'Eglise est un sujet qui a été couvert, le silence au sein de l'institution, le simple déplacement des coupables sont des pratiques courantes qui font de l'Eglise, de ceux qui sont en charge, de véritables criminels. Cette longue enquête de près de sept heures évoque des faits qui paraissent ahurissants. La tristesse et la révolte se font ressentir et nous sommes reconnaissants devant le travail accompli et les témoignages rendus. Il y a des tombes et des hommes qui méritent les crachats, d'autres le recueillement et notre respect.

Her (2013) Spike Jonze


Dans un futur pas si éloigné de notre réalité, les couples se font et surtout se défont. La technologie apporte un réconfort chaleureux, substitut digital venant combler la solitude. Theodore (Joaquin Phoenix) déprime, post-rupture oblige, mais lorsqu'il télécharge un programme d'exploitation ayant une voix séduisante, le voici en train de tomber amoureux.

Film séduisant, par son sujet et par son esthétique. 

Walter Murch, "In the Blink of an Eye", 2001


Ouvrage instructif sur la petite histoire du montage au cinéma agrémenté de réflexions générales sur cet art délicat. Murch sait, évidemment, de quoi il parle. Pour ceux qui s'intéressent à la question et, plus globalement, au cinéma.